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Awa Antoinette Compaoré: en situation de handicap, elle emploie plus de 20 personnes. Découvrez son histoire

L’entrepreneuriat n’est pas un terrain de prédilection pour la femme. Cet argument ne correspond pas à la réalité actuelle au Burkina Faso où on constate que plusieurs femmes sont engagées dans le domaine. C’est le cas d’Awa Antoinette Compaoré, directrice de deux entreprises (Résybat et Impri-concept ) qu’elle a portées sur les fonds baptismaux. L’engagement de cette femme « battante » lui a valu « le prix hommage à la femme » qu’elle recevra en mars prochain à Montréal au Canada. Pour en parler et partager son expérience professionnelle, la lauréate. 

« Quand on travaille, on est fier, on est à l’aise. On se sent libre, on comble ses angoisses ». Cette conviction d’Awa Antoinette Compaoré en dit long sur sa motivation professionnelle qui lui a permis de gravir des échelons. Evoluant dans l’infographie depuis une dizaine d’années, elle s’est toujours laissé guider par un slogan : « travailler, travailler et avoir la paix ». Ce slogan a forgé en Mme Compaoré, un esprit d’initiative qui a abouti à la création de deux entreprises. La première dénommée « Impri-concept » est spécialisée dans l’imprimerie, la fabrication de gadgets publicitaires et la décoration. Elle accompagne les autres entreprises dans la promotion de leurs produits en confectionnant des gadgets, des calendriers, des tee-shirts, des stylos, etc.

Quant à sa deuxième entreprise appelée «RESYBAT», elle intervient dans le revêtement de sol, domaine qui reste peu développé dans le pays. « Le revêtement des sols, c’est tout nouveau au Burkina Faso. C’est moi-même qui l’ai fait avec mes 10 doigts. C’est moi qui ai appris le métier et qui l’ai amené dans le pays » a confié Mme Compaoré qui porte simultanément deux casquettes : celle de directrice « d’Impri-concept » et de « RESYBAT ». A travers ces deux, entreprises Antoinette fait valoir ses compétences qu’elle avait déjà mises au service de plusieurs entreprises à la fin de ses études. Elle emploie, de nos jours, une vingtaine d’agents dont 15 employés internes et une dizaine de contractuels. Le travail mené au quotidien par cette équipe sous la houlette d’Antoinette ne passe pas inaperçu chez les observateurs.

Dans le milieu de la presse en particulier, la patronne est sollicitée  pour parler de son parcours de «femme battante et modèle» qui force l’admiration. C’est ainsi que son portrait publié sur la page facebook du journal «Entreprises et innovations » n’a pas laissé indifférente, Kotimi Guira qui a cherché à la contacter pour l’encourager à participer à la compétition pour « le prix hommage à la femme » initié par le Projet Hommage aux femmes dont elle représente au niveau national. Antoinette qui ne croyait pas au départ s’est laissé au fur et à mesure convaincre puis a tenté la chance qui lui a souri. Sa candidature a été choisie comme la meilleure parmi les 200 autres en compétition dans le monde.

De quoi lui donner beaucoup de joie même si elle garde bien la tête sur les épaules. « Ça été une surprise pour moi. C’est tombé du ciel car je ne m’attendais pas à ça. Quand on travaille, c’est pour soi-même. Je ne travaille pas pour être récompensé. Ma récompense, c’est d’être fier de mon travail et que les clients apprécient ce que je fais. Il y a des femmes plus battantes que moi. Je ne vois pas de différence entre ces femmes qui travaillent dur et moi » a reconnu Mme Compaoré. Malgré le handicap causé par l’accident au cours duquel elle a perdu un bras, celle-ci âgée de 32 ans et mère de 3 enfants a su emprunter le chemin de l’entrepreneuriat avec succès. Elle a réussi à concilier sa vie professionnelle et familiale. « Ce n’est pas facile mais il suffit d’avoir un mari qui te comprenne, qui te soutienne et tout va. Si ton mari te soutien, tu feras le devoir de ne pas le décevoir. C’est lui la priorité d’abord avant ton travail » a confié d’Antoinette. Elle nourrit l’ambition de créer un centre de formation pour les filles qui veulent entreprendre car dit-elle, le tout n’est pas de faire de hautes études pour rester dans les bureaux mais savoir faire quelque chose avec ses 10 doigts.

Pour cela, il faut savoir oser car comme dit l’adage, qui n’ose rien n’a rien. « Il y a des obstacles en toute chose. Mais il faut oser. Ne pas baisser les bras à chaque fois qu’il y a une difficulté. Une femme est née pour gérer. C’est inné, on n’apprend pas ça à l’école. Si tu arrives à gérer ton foyer, tu peux tout faire dehors, tout. Il faut se dire que l’on y arrivera. J’ai été toujours la 1ère à l’école. Dans mon travail aussi c’est cela. Mon objectif est d’être première en tout. Je fais tout pour être à la hauteur » a conseillé Antoinette qui doit séjourner du 20 mars au 20 avril à Montréal au Canada pour recevoir son prix et participer à d’autres activités de formation.

Saïdou Zoromé

 

 

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