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Tall Moutaga: Il y eut un moment où j’ai failli laissé tomber la musique parce que…

L’artiste-musicien Tall Moutaga totalise 35 ans de carrière musicale cette année. En plein préparatif pour marquer d’une pierre blanche cet anniversaire combien important dans sa vie d’artiste, nous l’avons rencontré au Paradis des meilleurs vins. Artiste-musicien, auteur compositeur et interprète et  chef de  l’orchestre de « Afrique Unie », Tall Moutaga nous a déballé son programme d’activités pour ses 35 ans d’aniv, parlé de son rôle d’ambassadeur du FONY, et a fait le bilan de sa vie musicale.

Afriyelba: Cette année, vous totalisez 35 années de carrière musicale. Un anniversaire que vous vous apprêtez de célébrer à travers un nouvel album. Pouvez-vous nous parlez de cet album?

Tall Moutaga

L’album spécial 35 ans de carrière musicale a été baptisé En Pilloo. C’est en langue peuhl qui signifie « Asseyons nous, regardons nous et discutons ». Tous les sujets traités sont d’actualité et celui qui prête bien une oreille attentive se rendra compte. Ce sont des sujets qui font mal parce que je dis la vérité. Je présente de passage mes excuses à tous ceux qui se sentiront frustrés en écoutant l’album. C’est un album que j’ai enregistré en live avec les musiciens de Bil Aka Kora et sous sa direction artistique.

l’ album comporte combien de titres?

8 titres chantés en dioula peuhl et anglais.

Lorsque vous parlez de vérités dans l’album, c’est de quelle vérité s’agit-il?

Je parle de paix, de réconciliation et de développement économique, politique et sociale. J’ai dit quelque part en dioula que le pouvoir d’un seul roi ne peut pas faire l’éternité. Il faut qu’on accepte que chacun a travaillé pour le développement de ce pays. Que ce soit ceux qui ne sont plus au pouvoir que ceux qui y sont actuellement, tout le monde a apporté et continue d’apporter sa pierre pour la construction de notre cher pays. Et c’est pour tout cela que je voudrais qu’on s’asseye, qu’on discute et qu’on se dise les vérités en face.

Cet album sortira quand?

La sortie de l’album est prévue pour le 5 août au Paradis des meilleurs vins à partir de 19h30mn

En plus de la sortie de cet album avez vous prévu d’autres activités pour marquer vos 35 ans de carrière?

Nous avons prévu en tout deux soirées: Nous allons faire la fête d’abord le vendredi 5 août du côté du Paradis des meilleurs vins et le samedi 6 août nous allons nous retrouver au restaurant « La Mezzanine » pour continuer le show. Je précise que le spectacle sera fait d’abord de la présentation de l’album et ensuite les invités auront droit à un concert live. Nous allons exécuté les titres en live pour que les gens fassent la différence avec ce qui est sur le CD.

tall

En Pilloo

Comment s’y prendre pour participer à cette fête?

Nous avons confectionné des cartes d’invitation qui servent de tickets. Nous avons déjà commencé les réservations et je profite informé tous ceux qui veulent s’en procurer de se rendre au Paradis des meilleurs vins et au restaurant la Mezzanine.

Les cartes coûtent combien?

10 000 F CFA.

Quel bilan tirez-vous de vos 35 ans de carrière? En quelques mots

Mes 35 ans de musique ont été faites de hauts et de bas. Je retiens d’abord mes débuts en 1980. J’étais à l’époque dans un groupe musical qu’on appelais Harmonie junior. Trois ans après je me suis retrouvé dans le groupe Désiré les sympathiques dans lequel j’ai fait 12 ans. Durant ces 12 ans j’ai été lead vocal. Parallèlement, en 1983 j’ai créé l’orchestre de l’université de Ouagadougou. En 1986, je me suis retiré de l’orchestre de l’Université de Ouagadougou et c’est à l’époque que les autres artistes tels que Dez Altino, Eugène Kounker ont pris la relève. Ces artistes ont eu la chance d’enregistrer en live deux albums parmi lesquels figure un morceau que nous avons composé à savoir les « Étudiants sont tapis ». C’était le morceau phare à l’époque à l’Université. Ensuite, il y a eu des jeunes frères qui sont passés par moi et par l’orchestre Désiré les Sympathiques et dans l’Harmonie Junior qui, aujourd’hui font la fierté de la musique burkinabè. Je veux parler de Rovane, Amity, feu Djata Illébou, Aga Dénise, Black So Man. En plus de tous ces hauts dont je me réjouis, je vais ajouter le fait que je fais parti des premiers musiciens africains à avoir joué à l’Olympia de Paris. J’ai eu à faire plusieurs concerts aussi bien en Afrique qu’en Europe. Parlant de discographie, je dispose de 6 albums actuellement. Le tout premier est sorti en 1988, le 2e en 90, le 3e en 97, le 4e en 2005 et le 5e en 2007. C’est le 6e  qui sortira le 5 août prochain.

Venons en aux bas.

Pour parler des bas, je peux vous dire que j’ai traversé des périodes difficiles. Déjà lorsque j’étais étudiant, mes parents ne voulaient pas que je fasse la musique. Les gens leur racontaient que j’étais un drogué, un coureur de jupons, un alcoolique. Il y a eu un moment où j’ai failli laissé la musique. Des gens qui ne connaissent rien de la musique se sont assis sur leurs « deux fesses » pour dire que moi je ne connais rien et que je vis sur le dos des cadavres. Ils avancent comme argument que je prends les chansons des gens pour interpréter. Ceux sont des gens qui ne connaissent rien de la musique parece que la musique est comme une chaîne. Il y a des paroliers, des arrangeurs, des guitaristes, des producteurs, des managers. Et c’est l’ensemble de ces personnes qui font vivre la musique. Admettons que je sois un interprétè comme ils le disaient et qu’un interprétè ne vit que sur les dos des autres, peut-on dire que Celine Dion qui n’a jamais composé de musique, Jony Halliday qui n’a jamais créé une chanson, Sékouba Bambino et même Salif Keita ne sont pas des artistes?

On vous a traité de d’artiste qui vit sur les dos des autres parce que vous interprétez les chansons des autres?

Oui exactement.  Pire on m’a même traité de nécrophage en 2002 lorsque  j’ai décidé de rendre hommage à des collègues musiciens qui ont disparus en retravaillant leurs chansons.

Nécrophage? c’est à dire?

Nécrophage veut dire quelqu’un qui vit sur les dos des cadavres; qui mange sur les dos des cadavres. On m’a traité de toutes les insanités possibles si fait qu’à un certains moment j’ai failli tout laissé tomber. Mais Dieu aidant, j’ai pu résister à toutes ces critiques pour continuer ma musique.

Quelles appréciations faites vous de la musique telle que faite par les artistes actuels?

Ce n’est pas un plaisir pour moi de porter un jugement de valeur sur la musique d’un collègue. Chaque artiste porte sa croix.  Certains ont décidé de travailler dans la mode en faisant de la musique commerciale, d’autres ont décidé de voir plus loin en travaillant sur la musique de leur pays, c’est très bien tout ça. Moi je voudrais que l’on fasse la différence entre la musique du Burkina Faso et la musique burkinabè. Lorsqu’on parle de la musique du Burkina, on fait allusion à la musique toute tendance  confondue mais lorsqu’on parle de la musique burkinabè, c’est une musique qui tire ses racines du folklore ou du patrimoine culturel burkinabè. Nous avons une soixantaine d’ethnies donc de cultures au Burkina et je pense qu’on peut partir de là pour proposer quelque de bon au public.

Vous êtes l’ambassadeur de la 2e édition du Festival Ouaga-New York, prévu pour septembre prochain. Quelles sont les missions qui vous sont assignées et comment vont les préparatifs.

Effectivement j’ai été approché par le comité d’organisation du FONY pour être ambassadeur de la 2e édition de l’évènement. En tant qu’ambassadeur donc mon rôle est d’assurer le relais entre les organisateurs qui sont à New York et la délégation qui va partir du Burkina. J’ai été d’abord approché en tant qu’artiste parce que je dois faire l’anthologie de la musique burkinabè au cours du festival. Ensuite, le comité m’a sollicité pour être ambassadeur. Un titre que j’ai accepté avec plaisir. Par la grâce de Dieu, les préparatifs vont bon train et j’ai bonne foi que le 16 septembre rpochain tout le monde sera sur place à New York pour le festival.

Je voudrais terminer par remercier le Paradis des meilleurs vins et mon petit frère Bil Aka Kora qui ont accepté de m’accompagner pour mes 35 ans de carrièe. Je remercie aussi la Mezzanine  qui nous offre son cadre et tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre ont contribué à la réussite de ma carrière. Je  n’oublie pas le site Afriyelba qui est en train de bousculer fort dans la promotion de la culture burkinabè. Je souhaite bon courage aux responsables de ce site et bon vent à Afriyelba.

Propos recueillis par Yannick SANKARA.

 

 

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