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A la découverte du Burkinabè Amadou Kienou, maître tambour, incontournable au Canada


L’artiste-musicien burkinabè Amadou Kienou, maître tambour, a été désigné meilleur artiste masculin du  Canada pour l’année 2016. Premier africain francophone à recevoir ce prix, cet instrumentiste très célèbre au Canada a exprimé sa fierté d’être Burkinabè et de défendre la culture de sa patrie partout dans le monde. Présent au Burkina pour « Danse l’Afrique Danse », nous lui avons tendu notre micro le 29 novembre dernier pour en savoir plus sur sa carrière musicale. Premier africain à enseigner au conservatoire musical de Toronto, maître tambour, directeur de festival, enseignant de percussion, cet originaire de Nouna au Burkina Faso est devenu un artiste incontournable au Canada. Allons à sa découverte

Afriyelba: Vous avez remporté récemment un prix au Canada, pouvez vous nous en dire plus sur cette récompense?

Amadou Kienou. Avant de répondre à votre question permettez-moi de saluer et de remercier tous ceux et toutes celles qui se battent au quotidien aussi bien au niveau national qu’international pour la promotion de la culture burkinabè. Parmi ces personnes figurent bien entendu votre site Afriyelba qui nous informe chaque jour et qui permet à bon nombre d’artistes d’être connu dans le monde entier.

Pour revenir à votre question, il faut dire que c’est une grande fierté d’être burkinabè et de remporter ce grand prix qui m’a été décerné le 5 novembre à Toronto au Canada. Au delà du Burkina, c’est une fierté pour toute l’Afrique. Je ne m’attendais vraiment pas à ce prix dans ma catégorie.

De quelle catégorie s’agit-il

Il s’agit de la catégorie du meilleur artiste masculin de l’année. J’étais en compétition avec d’autres artistes africains qui vivent au Canada.

Que gagnez-vous concrètement avec ce prix?

Le prix est un « awards » qui récompense un artiste qui se bat pour défendre la culture de son pays et partant de son continent. Et c’est ce à quoi je  m’évertue à faire dans mes spectacles et dans les stages que je donne. Pour moi c’est une manière de transmettre ma culture aux peuples canadiens. Je suis toujours sur les plans de tous les festivals au Canada, et lorsque les gens viennent voir mes concerts, ils repartent avec une très grande joie. Il faut dire qu’en plus de ce prix j’ai remporté un « awards » en octobre dernier décerné par une organisation de femmes, et en mai dernier mon festival, je suis directeur artistique d’un festival à Toronto, a reçu un trophée de reconnaissance. Hors mis le Canada, j’ai eu des trophées au Cameroun et en Colombie.

Quel genre d’artiste êtes-vous exactement? Faites vous de la musique??

Je suis un artiste musicien percussionniste de djembé; je suis maître tambour du Burkina Faso. C’est un titre que je ne me suis pas octroyé  mais que j’ai hérité de mon papa. Pour ceux qui connaissent feu Baba Kienou savent bien de quoi je parle. J’ai appris la musique avec lui depuis mon bas âge et c’est lui qui m’a permis de devenir ce que je suis aujourd’hui. Je le remercie ainsi que tous mes frères et sœurs, mes mamans, mes oncles, mes tantes qui m’ont beaucoup soutenus et encouragés.

C’est quoi le djembé??

Le Djembé est un instrument de musique universel qui peut s’adapter à tout sorte d’instrument dans le monde et qui peut se jouer partout dans toutes les cérémonies. C’est un instrument très prisé par  plusieurs personnes dans le monde. Il donne une joie, une sonorité indescriptible. Le Djembé c’est ma vie. Je chante c’est vrai,  et je joue d’autres instruments de musique mais, le Djembé et moi nous formons une seule personne. C’est pourquoi je l’ai toujours utilisé pour passer des messages partout où je suis allé et pour faire des stages. Dans mon groupe, le djembé est leader, les autres instruments sont relégués au second plan.

kienou
Amadou kienou tenant fièrement son trophée de meilleur artiste masculin au Canada

Comment s’appelle votre groupe et de combien de personnes est-il composé??

Le groupe est composé de 7 personnes dont 6 musiciens et une danseuse. Il s’appelle Amadou Kienou et Djeli Serra qui veut dire « la route du griot » et est basé au Canada. Il faut dire que bien avant d’aller au Canada, j’ai fait l’Europe où j’évoluais dans  mon groupe Amadou Kienou et Foteban.

Vous avez parlé de stage un peu plus haut, voulez vous par là dire que vous enseignez le Djembé??

Oui, j’enseigne bien sûr. Je ne voulais pas seulement être un artiste-musicien sur scène, je voulais aussi être celui qui   donne l’occasion aux gens qui veulent apprendre la percussion de pouvoir le faire. J’éprouve un énorme plaisir à enseigner la percussion à ceux qui n’ont pas l’occasion de participer à mes concerts et qui veulent apprendre ou à ceux qui ont l’occasion d’y participer et qui veulent aussi satisfaire leur curiosité. Pour moi, le fait de donner des stages de percussion, c’est aussi donner la chance à ces personnes de venir me parler, discuter avec moi et apprendre de moi , de ma culture et de mon histoire. C’est pour ces raisons que je développe à chacun des mes concerts dans une ville ou dans un pays, des stages. J’ai créé une école de percussion à Toronto et j’y donne des cours pratiquement 3 fois par semaine et en plus j’enseigne la percussion à l’Université de Toronto. Toutes ces expériences et ses stages que je fais m’ont donnés accès au conservatoire de musique de Toronto où je suis le seul africain à y donner des cours.

Racontez nous un peu votre histoire. Comment vous êtes-vous pris pour devenir incontournable au Canada??

(rire). Comme je l’ai souligné plus haut, mon papa, feu Baba Kienou était un grand percussionniste burkinabè.  C’est de lui donc que la fibre musicale m’a été transmise. Lorsqu’on est issu d’une famille de griot, on nait forcément avec la musique . C’est vrai que je suis allé à l’école mais à force d’être tout le temps avec le papa dans ses voyages et dans ses prestations, la musique a fini par prendre le pas. Avec l’évolution j’ai intégré après la troupe Bonogo de la Maison des jeunes de Ouagadougou qui représentait le ballet national, en tant que soliste. Avant, j’étais dans la troupe Wamdé de Moussoyouma Kouyaté, j’ai fait des passages avec pas mal de groupes de théâtre à Ouagadougou dans lesquels je me suis formé. Cela m’a permis toute suite d’être en contact avec l’international à travers les différents voyages que nous avons effectués.

Vous êtes arrivés au Canada à quel moment?

Je suis arrivé au Canada en 2008. Mais bien avant le Canada j’ai fait 9 ans en Allemagne et 2 ans en France. Je faisais également des navettes aux Etats Unis où je travaillais avec une université à Los Angeles. Cela m’a permis d’avoir des ouvertures.

Vous êtes actuellement au pays pour quelle raison?

Je suis venu au pays pour plusieurs raisons. D’abord je suis venu pour « Danse Afrique Danse » qui se tient au Burkina, et ensuite pour faire découvrir le Burkina Faso à mes élèves. Comme je suis enseignant, chaque fois que je viens au Burkina, je donne la chance à mes élèves de venir avec moi pour voir mon pays, apprendre sa culture, avoir un contact direct avec les populations, rencontrer les chefs coutumiers,  connaitre mon histoire afin de savoir d’où je viens. Chaque année et ce depuis 15 ans, je fais venir mes élèves, pas seulement du Canada mais aussi du reste du monde pour qu’ils puissent découvrir mon pays. C’est l’occasion pour moi aussi de donner des stages aux jeunes frères qui sont ici au Burkina. Les élèves arrivent le 2 décembre et ils auront deux semaines de stages dont une semaine à Ouagadougou et une autre à Bobo. Après ils feront une  restitution au Centre culturel burkinabè Georges Kaboré.

Pour terminer je voudrais remercier une fois de plus tous ceux et toutes celles qui m’ont soutenus dans mon aventure surtout mes parents et les autorités du Burkina Faso qui m’ont beaucoup faciliter la tâche. Je suis fier d’être burkinabè et je le ferai savoir partout où j’irai.

Propos recueillis par Yannick SANKARA.

 


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