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12 December 2018

FASO HIP HOP 3e EDITION « Didier Awadi est attendu et cette année il y aura de la battle », dixit K-Djoba

Le Hip hop burkinabè n’est pas mort. Bien au contraire, le mouvement continue de faire son bonhomme de chemin. Mieux, le mouvement connait une progression. Du moins, c’est ce qu’affirment les membres du groupe K-Djoba, Docteur K et Don Asley. « Le problème du hip hop burkinabè, c’est le manque de visibilité », soutiennent-ils. C’est ce qui les a conduits à créer un cadre d’expression pour les faiseurs du hip hop nouvelle génération et hold school afin de les remettre sous les feux des projecteurs. Dénommé Faso hip hip, c’est un festival qui a lieu depuis deux. Cette année, du 8 au 10 novembre prochain se tiendra la 3e adition. En prélude de ce rendez-vous, nous avons rencontré le groupe K-Djoba avec qui nous avons échangé sur, entre autres, les difficultés qu’il rencontre, les innovations apportées et les têtes d’affiches de cette édition 2018.

Afriyelba : En novembre prochain se tiendra la 3e édition du festival Faso Hip Hop. Où en êtes-vous avec les préparatifs ?

K-Djoba : Malgré les nombreuses difficultés que nous rencontrons, les préparatifs vont bon train. Et, nous avançons sûrement pour la réussite de l’évènement.

Les difficultés que vous rencontrez sont de quel ordre ?

C’est surtout le problème financier. Sinon, sur le plan du moral, nous y sommes. Mais, comme vous le savez, sans finances, il y a beaucoup de choses qui ne peuvent pas se faire sous nos cieux. Du coup, on peut dire que c’est ce qui nous freine. Ce n’est pas simple, mais nous y tenons.

Dans votre approche, n’avez-vous pas pris attache avec des potentiels partenaires pour vous soutenir dans ce sens ?

Le partenariat, c’est le préalable dans ce contexte. Sauf que sous nos cieux, c’est une chose qui devient de plus en plus compliquée. En termes de sponsoring et de partenariat, jusqu’aujourd’hui, nous n’avons pas encore eu de retour des démarches que nous avons entreprises auprès des institutions et personnes ressources. C’est dire que nous n’avons pas encore un sponsor officiel et c’est ce qui est l’obstacle majeur. Quand on les approche, il y a des promesses mais cela n’a pas abouti pour le moment. Qu’à cela ne tienne, nous avons foi et croyons toujours.

Pourquoi avez-vous jugés utile d’initier un festival de Hip hop au Faso ?

Nous avons entrepris d’initier de ce festival parce que nous sommes d’abord des artistes du hip hop. Aussi, il s’agit pour nous de donner un cadre aux artistes qui ont du talent mais qui ont du mal à se faire connaître. Enfin, Faso hip hop, a pour but principal de promouvoir le hip hop burkinabè. Nous savons tous ce que le hip hop a apporté à la musique burkinabè. Il faut le dire, de nos jours, d’aucuns pensent que le hip hop ne marche plus. Ce qui est faux. Le véritable problème c’est que le hip hop burkinabè n’a pas beaucoup de visibilité sinon, les talents sont toujours présents. Donc, en tant que rappeur, nous avons voulu dans ce festival, montrer au monde que le hip hop burkinabè est bel et bien présent. Il y a un bon boulot qui est fait derrière les caméras et nous voulons le faire découvrir au grand jour.

Bientôt, il sera organisé la 3e édition, est ce que vous sentez que depuis la première édition les choses sont en train de changer positivement grâce au festival ?

C’est clair, les choses bougent. Ce festival a été un déclencheur dans la dynamique de promotion du hip hop burkinabè. Le festival a révélé des rappeurs de la nouvelle génération. Il y a plusieurs artistes de la nouvelle génération qui sont passés sur le podium de Faso Hip hop. Entre autres, Amsy, Toksar… Faso hip hop est devenu cette plaque tournante où les rappeurs burkinabè s’expriment au mieux. C’est un bon retour, pour nous. Les rappeurs ont compris aujourd’hui qu’il y a un cadre où ils peuvent venir s’exprimer. Aussi, ce cadre leur permet de ne pas baisser les bras. Lorsqu’un artiste entre en studio et qu’il sait qu’il y a des canaux pour lui permettre de faire connaître sa musique, cela le motive. Tu te concentres sur ton boulot et tu restitue quelque chose de très bon. C’est ce que nous apportons aussi avec le festival. Aujourd’hui, tout le monde veut passer à Faso hip hop. Même ceux qui sont déjà passés veulent encore revenir sur la scène.

Pour cette 3e édition qu’est-ce que vous réservez de particulier aux amoureux du hip hop, aux festivaliers et au public burkinabè de manière générale ?

Déjà, nous sommes à la 3e édition et c’est l’année de la confirmation d’une certaine maturité. Lors des deux éditions, il n’y a certaines disciplines du hip hop qu’on n’a pas pu explorer. Cette année, nous allons le faire. Et, il y aura de la danse, la battle. Nous allons également faire des conférences avec un village hip hop. Ce sera au sein de la cité universitaire de la patte d’oie.

Qui sont les artistes qui seront les têtes d’affiche ?

La tête d’affiche cette année ce sera le grand frère Didier Awadi. Nous avons déjà eu son accord et tout est fin prêt pour qu’il soit présent au festival. Nous avons un rappeur qui nous viendra du Niger, Barakinaa qui est nominé au prix découverte rfi. Il y aura aussi un autre de la Côte d’Ivoire et toute la crème du hip hop burkinabè et de la sous-région.

En attendant le jour J, quel appel avez-vous à lancer ?

C’est comme nous l’avons souligné plus haut. Le véritable problème se situe au niveau du sponsoring. C’est un festival gratuit, à ciel ouvert et toute la population est concernée qu’on soit rappeur ou non rappeur. Tout le monde trouvera son compte. Nous demandons donc à être soutenus dans notre élan que ce soit par le ministère de tutelle ou des partenaires privés. Parce que nous voulons promouvoir le hip hop burkinabè et au-delà la musique burkinabè dans sa globalité. Nous savons tous l’influence que le hip hop a burkinabè a eu dans la sous-région. Il fut un moment où on était les meilleurs. Nous ne disons pas que nous avons tout perdu. Mais, par manque de visibilité et de soutien, les choses ont peu ralenti. Et nous, nous entendons redorer le blason et redonner au hip hop burkinabè ses lettres de noblesses.

Propos recueillis par Adama SIGUE

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