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19 October 2018

Folané Ouédraogo, promotrice de Africa Mousso : « Nous récompensons le leadership, la Persévérance et …. »

En 2009, lorsque Folané Sandrine/Ouédraogo créait son entreprise, dans une boutique à 15 000 F CFA, nombreux étaient ceux qui ne vendaient pas chère sa peau. Mais, elle y croyait. C’était son rêve. Elle s’y est donc consacrée et s’est donné les moyens pour la réaliser. Aujourd’hui, c’est chose faite. Folané Sandrine/Ouédraogo est chef d’entreprise et sa boite, Entreprise générale de services (EGES) est devenue une référence dans le milieu de l’évènementiel. Pour inciter les autres femmes à l’entreprenariat et encourager celles qui y sont déjà à persévérer elle a lancé en 2017, « Africa Mousso ». Un évènement qui récompense les femmes battantes du secteur informel. L’édition 2018 est prévue pour se tenir du  5 au 8 septembre prochain. Le 31 août 2018, une équipe de Afriyelba a rencontré la promotrice pour en savoir davantage sur cette prestigieuse cérémonie.

Afriyelba : Pouvez-vous nous présenter brièvement votre boîte EGES ?

EGES est une entreprise qui œuvre dans le domaine de l’évènementiel. Nous organisons des mariages, des baptêmes… Nous faisons de la décoration et de la location de matériels de cérémonies. Nous avons également un service traiteur pour tout évènement.

Vous avez mis EGES sur pied depuis 2009. Peut-on affirmer aujourd’hui que vous faites parties des femmes battantes et leaders de ce pays ?

Se serait trop prétentieux de ma part de l’affirmer ainsi mais, je suis une femme qui a une entreprise et qui se bat à sa manière.

Arrivez-vous  à vous en sortir véritablement dans le milieu ?

Nous nous en sortons tant bien que mal. Comme je l’ai dit, nous nous battons et nous avons bon espoir que les choses vont aller mieux.

Dans le cadre de ces activités, EGES organise un évènement dénommé « Africa Mousso » et ce depuis 2017. Pouvez-vous nous dire de quoi il s’agit ?

« Africa Mousso », c’est une cérémonie de distinction. Cette une activité que nous avons mis en place pour honorer les femmes battantes, en priorité celles du secteur informel. Car, nous avons remarqué que leur travail et leur mérite ne sont pas assez reconnus. Nous avons, par cette activité, voulu donc les distinguer et les encourager.

Dans quelques jours les activités de la 2e édition seront lancées. Mais en attendant, et si l’on vous demandait de noter sur 10 la première édition…

C’est difficile pour moi de donner une note. Ce dont je suis sure c’est que le bilan de la 1re édition est satisfaisant. Nous avons eu plusieurs retours satisfaisants. Beaucoup de personnes sont entrées en contact avec nous après la 1re édition pour nous féliciter. Ce que je souhaite c’est que la 2e édition soit encore meilleure.

Folané Sandrine/Ouédraogo, promotrice de « Africa Mousso »

Quels commentaires faites-vous de la condition de la femme burkinabè ?

De plus en plus les femmes se battent. Il y a une amélioration générale. Il y a 10 ans de cela, les femmes n’osaient pas entreprendre certaines activités. C’est dire que des actions sont entreprises pour les soutenir mais il en faut plus. Notamment, pour ce qui est de la sensibilisation et de la formation. Pour moi, l’accent doit être mis sur ce dernier aspect. Cela permettra aux femmes d’apprendre les métiers et entreprendre. Même dans le cursus scolaire, pour moi, il est important d’insérer des modules de formations sur des métiers. Dans certains pays, c’est le cas avec, entre autres, la couture et la coiffure.

Dans cette dynamique de lutte pour l’épanouissement de la femme, quelle peut être l’apport d’un évènement comme « Africa Mousso » ?

« Africa Mousso », c’est une manière d’amener les femmes à être plus créatives dans leurs domaines d’activités. Aussi, c’est dire que les femmes peuvent apprendre, exercer et exceller dans les métiers du secteur informel. « Africa Mousso », ce n’est pas seulement un diner gala. Mais plus pour accompagner ces femmes battantes qui sont dans l’ombre.

Le thème cette année portera sur le leadership féminin. Qu’est ce qui a motivé ce choix ?

Parmi les femmes, il y a beaucoup qui sont leaders, il y en a qui ont du talent et de la créativité. Mais le constat  est que peu s’engagent. Sous nos cieux, « on n’ose pas ». Le message que nous voulons donc faire passer c’est d’accepter oser. Quand on échange avec les femmes, on se rend compte qu’elles ont de très belles idées. Il s’agit donc d’amener ces femmes à se lever, à se battre et à mettre de côté les préjugés.

Quel sera le contenue de la 2e édition de « Africa Mousso » 2018 ?

Cette année, nous avons prévu de faire des visites notamment, aux autorités coutumières et religieuses. En plus de cela, nous allons faire des dons pour venir en aide aux femmes et aux enfants démunis. Nous comptons également organiser des sessions de formations en marketing digital au profit des femmes. Et, le clou de l’évènement sera la soirée gala où nous allons distinguer des femmes du secteur informel.

Le Spot de l’événement : « Africa Mousso 2018 » 

Comment sera fait le choix des lauréates ?

Nous avons un jury spécialement pour le choix des lauréates. Néanmoins, il faut dire qu’il y a des critères qui seront respectés. Nous avons tenu à ce que ces femmes aient au moins 5 ans d’expériences dans leurs domaines et qu’elles emploient au moins 5 à 10 personnes dans leurs entreprises. D’autres critères sont basés sur la combativité pour ceux qui sont dans les mouvements associatifs. Aussi, nous tenons compte de la créativité des femmes entrepreneures. Notre but, c’est comme je l’ai dit, de les encourager afin qu’elles avancent au mieux dans leurs domaines.

C’est dire donc qu’il y aura plusieurs catégories ?

En effet. Nous avons le Leadership, la Persévérance et l’Encouragement. Ce sont là, les trois trophées qui seront  attribués.

Y-a-il autre de chose de prévue pour les lauréates en plus des trophées ?

En plus des trophées, elles recevront plusieurs lots de nos sponsors. Aussi, elles bénéficieront d’un suivi après l’évènement. Nous allons les guider pour celles qui voudront renforcer leurs compétences. C’est le lieu pour moi de lancer également un appel à tous ceux qui peuvent et qui voudront accompagner ces femmes. C’est-à-dire ceux qui veulent être des marraines et des parrains pour elles afin de les accompagner.

Vous qui êtes une entrepreneure assez avisée quels conseils pouvez-vous donner à toutes celles qui voudront suivre vos pas mais, qui comme vous l’avez dit, sont toujours hésitantes ?

Le premier conseil que je peux donner c’est la persévérance. Beaucoup de celles qui veulent entreprendre t abandonnent dès la première difficulté. A mes débuts je suis allée avec une boutique de 15 000 F CFA. Un petit coin où je me débrouillais. Face à la rareté des demandes il m’arrivait de me demander si j’avais fait le bon choix. Parce que, avant de me lancer dans l’entreprenariat, je travaillais dans une agence de voyage.  Quand je quittais cet emploi, plusieurs personnes m’avaient demandé si j’étais sure de faire le bon choix. Donc, à mes débuts dans l’entreprenariat, je me posais également la même question. Mais, j’ai compris qu’il fallait de la patience. Aujourd’hui, lorsque certains me voient ils me demandent avec combien de millions j’ai démarré mon activité. Pourtant mon fonds de base est très loin du million. C’est plutôt la persévérance, l’espoir et le travail bien fait qui m’ont conduit là où je suis.

Avez-vous un appel à lancer ?

D’abord, je tiens à remercier tous ceux qui se sont engagés à accompagner l’évènement. Je voudrais lancer un appel à toutes les bonnes volontés de se joindre à nous pour  défendre la cause de la femme. Pour nous contacter, il suffit d’appeler le  78 84 66 03. Je dis merci également à l’équipe de Afriyelba de nous avoir offert cette opportunité de nous exprimer sur sa plateforme.

Interview réalisée par Adama SIGUE

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