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Gestions des menstrues en milieu scolaire: l’ABB propose la coupe menstruelle comme solution


En prélude à la journée mondiale de l’hygiène menstruelle qui a lieu chaque année, le 28 mai, l’Association des blogueurs du Burkina (ABB), a organisé, le 25 mai 2018, une rencontre d’échanges sur la gestion des menstrues en milieu scolaire. Cette rencontre intervenue dans le cadre du Grin Blogueurs de l’ABB a réuni, des cadres du ministère en charge de l’éducation, de l’UNICEF, de Wateraid et de Catholic Relief Services (CRS).

Lors de la rencontre d’échanges sur la Gestion hygiénique des menstrues (GHM) initiée par l’ABB, le 25 mai dernier, c’est Hector Sissao, cadre du ministère en charge de l’éducation qui a planté le décor par une communication autour du thème : « Plus de barrières, émanciper les femmes et les jeunes filles par l’amélioration de la gestion de leur hygiène menstruelle ». Les points principaux de son intervention sont, le constat sur le terrain, l’état des lieux du dispositif d’hygiène dans les écoles et les défis de la GHM. Du constat. Selon le communicateur, parmi les obstacles au maintien des filles dans le cursus scolaire figurent en bonne place la gestion des menstrues. Mal gérées, les menstrues perturbent l’assiduité de la jeune fille au cours, jouent sur sa performance et sont souvent sources de grossesses et partant, de déscolarisation.

Des représentants d’institutions internationales lors du Grin blogueurs

Pourtant, dans plusieurs établissements scolaires du Burkina le dispositif d’hygiène ne favorisent pas une gestion saine des menstrues. De l’état des lieux présenté par le communicateur on retient, en effet, que les points d’eau sont éloignés des classes, les toilettes sont mal entretenues et ne sont pas séparées selon le sexe. Une situation qui ne permet pas à la jeune fille en période de menstruation de disposer de l’intimité nécessaire pour se changer et prendre soin d’elle. Aussi, dans bien des cas, l’arrivée des menstrues sont accompagnée de douleurs alors que les écoles ne disposent pas de kits d’urgence pour une prise en charge sur place. Résultat de tout cela:  la jeune fille n’arrive pas à suivre les cours convenablement.

En période des menstrues, elle manque donc régulièrement au cours car stressée et angoissée. En outre, sur le plan culturel, il faut noter que nombreux sont les tabous et autres interdits qui entourent les menstrues. La réserve que les parents observent sur le sujet ne permet donc pas aux jeunes filles d’être convenablement sensibilisées sur la question afin de mieux se prendre en charge.

Selon une étude menée en 2013 par l’UNICEF et l’OMS, au Burkina et au Niger, 83% des filles en règles participent moins en classe et 21% sont carrément absente des cours. Cette étude a également montré que 90% des filles en règles n’ont pas la possibilité de changer leur serviette sur place. Afin de faire face à ce défis, lors des échanges il est ressorti que certaines ONG dont, l’UNICEF, Water Aid et CRS ont entrepris des actions au niveau local afin que les menstrues ne soit plus un frein à l’éducation de la jeune fille. L’une des solutions réside dans la sensibilisation de l’ensemble des parties prenantes, à savoir, les parents d’élèves, les enseignants et les élèves. Aussi, des projets pilotes ont été exécutés dans certaines provinces avec la construction des « Cabines hygiéniques ». Dans ces cabines réservées aux filles, des dispositifs y ont été installés pour leur permettre, en cas de règles, d’être en sécurité pour changer leurs serviettes et ou les laver et les sécher à l’abri des regards.

Ils ont été nombreux les acteurs qui ont pris part au débat

Aussi, des plaidoyers sont en train d’être menés pour que des serviettes hygiéniques réutilisables soient fabriquées sur place et accessibles aux jeunes filles. Les blogueurs ont également saisi cette occasion pour faire des propositions pour une gestion hygiénique des menstrues. Entre autres, l’utilisation de  la coupe menstruelle ou coupelle menstruelle qui est un appareil de protection hygiénique féminine utilisé lors des menstruations. Certes le coût de cette coupe reste encore élevé mais des mécanismes comme la subvention peuvent permettre de les vulgariser et les rendre accessibles même dans les milieux ruraux pour le bien des jeunes filles. Ce d’autant plus que la coupelle est réutilisable pendant plusieurs années  donc également perçue comme une alternative écologique aux protections hygiéniques jetables. C’est dire donc que face à la menace que constitue la mauvaise gestion des menstrues pour l’épanouissement de la jeune fille, il est impératif de trouver des alternatives afin que « La tâche de sang » n’entache pas la performance de la jeune fille à l’école.

Adama SIGUE


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