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MARGUERITE DOANNIO, INITIATRICE DE DANFANI FASHION WEEK « Il faudra mettre l’accent sur la transformation du coton pour vivre réellement de cette richesse »


 

Ouagadougou abritera du 25 mars au 1er avril 2017, la deuxième édition de Danfani Fashion week, une semaine dédiée aux produits dérivés du coton notamment le pagne tissé. Durant tout ce temps, des expositions, des séances de formations, de partage d’expériences seront au menu. Dans les lignes  qui suivent, l’initiatrice, Marguerite Doannio, nous parle des préparatifs et des particularités de cette édition. Nous l’avons rencontrée le mercredi 22 mars 2017 au Musée national de Ouagadougou où se déroulera l’évènement. Lisez plutôt.

Afriyelba : A deux jours de la manifestation, comment vont les préparatifs ?

Marguerite Doannio : Les préparatifs vont bon train dans l’ensemble. Dès demain (NDLR : jeudi 23 mars), nous allons installer les stands parce que c’est ce que les artisans attendent pour la partie foire. Nous enregistrons des inscriptions qui nous viennent d’un peu partout à travers le Burkina Faso et l’Afrique de l’Ouest ; ce qui veut dire que ce sera une manifestation sous régionale comme nous le souhaitions et même africaine parce qu’il y a des exposants de pays comme le Kenya, du Nigéria et du Madagascar qui nous ont contacté.

Où se dérouleront les expositions cette année ?

La partie exposition cette année se fera au musée national de Ouagadougou parce que c’est le temple de la culture burkinabè, un patrimoine culturel de notre pays donc le lieu idéal pour l’évènement. D’aucuns diront que le musée est un peu excentré de par sa situation géographique mais quoi que l’on dise, il est situé en plein milieu de Ouagadougou, il est grand et l’on peut faire plein de choses à l’intérieur.

Le musée national n’est-il pas restreint par rapport à l’avenue Kwamé N’Krumah où s’est tenue la première édition ?

C’est vrai que nous allons manquer ce côté populaire que nous voulions donner à l’événement en ramenant la mode dans la rue pour permettre au plus grand monde d’apprécier le Faso Danfani mais le côté sécuritaire veut que l’on soit prudent donc nous n’avons pas voulu exposer les gens.

Parlez-nous du thème de cette édition

Le thème de cette édition est « La transformation locale du coton, enjeux et défis pour l’Afrique ». Nous avons choisi ce thème parce que l’Afrique est un gros producteur de coton mais elle exporte pratiquement tout son coton. Nous sommes dans un contexte où l’on est en train de promouvoir les richesses naturelles intérieures et, pour lutter contre la pauvreté, nous n’allons pas continuer à tendre la main. A peine 5% du coton burkinabè est transformé, pourtant nous sommes l’un des premiers pays producteur. Il faudra donc que l’on mette l’accent sur la transformation pour vivre réellement de cette richesse. C’est pour tout cela que nous avons décidé d’inviter les acteurs du  domaine à réfléchir sur la question. L’innovation majeure cette année, c’est que nous avons le programme Union Européenne ACP sur le coton qui va mener des débats à Ouagadougou. Pendant que toute l’Afrique du coton sera à Ouagadougou pour réfléchir sur les enjeux du coton, nous, nous mènerons des activités sur la transformation du coton ; il y aura donc les débats et la réalité sur le terrain.

Quelle sera la particularité de cette édition ?

La particularité de cette édition c’est qu’il y a des activités que nous n’avons pas pu tenir comme les formations, à la première édition. Nous avions prévu trois formations, en teinture, en tissage et en design et créativité mais nous n’avons pu faire que la formation en teinture mais, cette année, nous allons tenir le pari de ces trois formations. L’idée pour nous, c’est de dire qu’il n’y a jamais d’acquis. C’est vrai que le pagne tissé burkinabè est de bonne qualité mais il y a toujours des exigences qui font qu’on peut toujours l’améliorer.Nous avons donc demandé à des experts de former des formateurs, de montrer les dernières techniques du pagne tissé à des responsables d’associations, de groupements d’ici et, ensuite, ils feront le relais à leurs membres à la base. En teinture, nous allons mettre l’accent sur le colorant naturel parce que le colorant chimique que tout le monde utilise a des dangers sur la vie humaine et sur l’environnement. Nous sommes en train de promouvoir le retour aux colorants naturels. Quant au Design et la créativité, nous savons que, si nous voulons que le pagne tissé soit l’habit de tout le monde, il faut que les créateurs y mettent du leur ; qu’ils créent des tenues adaptées aux différentes circonstances.

Quels sont les conditions pour prendre part aux expositions et autres activités de Danfani Fashion Week ?

Pour y prendre part, il faut être un acteur de la chaîne de transformation du coton depuis le producteur jusqu’aux , tisseuses, tisserands, teinturiers, accessoiristes, créateurs de mode, toute la chaîne de valeur. Nous avons aussi invité les responsables de grandes entreprises qui filent du coton qui vont passer les commandes.

Peut-on dire que la première édition a atteint les objectifs qu’elle s’était fixée et quel a été son impact sur le devenir du pagne tissé ?

Globalement, nous avons atteint les objectifs de la première édition parce qu’il fallait déjà la tenir et mener les activités inscrites à l’ordre du jour. Ce que nous n’avons pas pu faire c’était les sorties sur le terrain ; nous voulions faire des excursions sur des villages de tisserands et des villages où l’on fait de l’indigo. Concernant l’impact, je ne sais pas s’il y en a eu vraiment mais ce qui est sûr, c’est que les femmes ont vendu leurs produits, les grosses structures ont vendu, il y a eu de la commande et c’est la satisfaction que l’on tire de ça. Les Burkinabè ont commencé à revenir de façon naturelle sur le pagne même si c’est de façon timide ; je ne dis pas que c’est l’effet du Danfani FashionWeek mais c’est ce que nous saluons. Nous avons envie de faire beaucoup de choses mais nous sommes limités par les moyens financiers et quand c’est ainsi, on est obligé d’opérer des choix et d’aller à l’essentiel. La première édition nous a appris à être sages.

Avez-vous des accompagnements financiers pour réussir l’organisation ?

Nous n’avons pas d’accompagnements financiers en tant que tels mais du soutien moral, technique du côté du gouvernement. Le côté financier se fait encore attendre mais on se dit que ça va aller.

A part le côté financier, à quelles autres difficultés faites-vous face ?

Il n’y a pas véritablement de difficultés à part le soutien financier. Tous les acteurs ont répondu et sont partants. Nous avons l’accompagnement du gouvernement à travers certains ministères qui se sont engagés à nos côtés même si l’accompagnement financier est encore timide. C’est un combat de longue haleine et la force d’y croire nous aide à avancer.

En guise de conclusion ?

Je voudrais dire merci à tous ceux qui ont cru en nous, merci à la presse, à tous les confrères et consœurs qui se sont mobilisés depuis la première édition. L’industrie de la mode ne peut pas réussir s’il n’y a pas de communication derrière. Mon souhait est que les journalistes se spécialisent dans la mode parce qu’elle a son univers, ses codes, son langage et si on veut vraiment communiquer autour, il faut que l’on apprenne à parler mode. C’est l’appel que je lance à tous.

Propos recueillis par Christine SAWADOGO


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