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M’BA BOUANGA (Comédien) « Il faut que les gens reconnaissent la valeur du théâtre »


Pionnier et grand homme de théâtre, ce transfuge de l’Atelier théâtre Burkinabè (ATB) fit son entrée sur les planches en 1978. A l’état civil Hyppolite Ouangrawa, son surnom M’ba Bouanga est connu dans tous les quatre coins du Burkina et même hors de nos frontières. Fondateur du Théâtre de l’espoir et ayant fait le tour du monde, il vient de boucler sa nouvelle série télé qu’il a réalisée lui-même. Il a plusieurs distinctions à son actif et c’est dans son espace culturel et avec un air très décontracté qu’il nous a accordé cet entretien dans lequel il nous parle de sa vision du théâtre, de sa vie en famille et de sa nouvelle série télé « Mba Bouanga et ses Bombi ».

Quelle est la petite histoire de votre surnom atypique M’ba Bouanga ?

C’est une suite logique de l’histoire des temps anciens. C’est à la suite d’un projet sur la planification familiale quand j’étais à l’Atelier théâtre burkinabè. Nous avons fait une quarantaine d’épisodes. Quand on dit M’ba Bouanga, on voit une famille nombreuse dans laquelle chaque enfant a un problème spécifique.

Quel est l’état de santé du théâtre burkinabè ?

Le théâtre burkinabè se porte bien. Il faut aimer ce qu’on fait. Les gens ne savent pas que le théâtre peut nourrir son homme. Il faut être honnête avec ses collaborateurs pour réussir.

D’où vous est venue cette passion pour le théâtre ?

Il faut s’aimer soi-même pour pouvoir faire du théâtre car il faut surmonter ses propres problèmes pour donner la joie à l’autre. C’est ça que je voulais.

Avez-vous eu facilement l’aval des parents pour cette option ?

C’est un problème avec les parents même si mes géniteurs ne vivent plus. C’est compliqué avec ma petite famille. Quand je fais quelque chose, on me dit « arrête ton cinéma » et ça me fait mal. Le théâtre, c’est l’amour avec l’autre. Nous devons partager et échanger dans la joie.

Votre vie est partagée entre les planches et le cinéma, et s’il y avait un choix, que feriez-vous ?

Au cinéma, il faut jouer naturellement alors qu’au théâtre il faut gesticuler. J’ai joué dans plusieurs films. Par exemple après la série « Vis-à-vis », bientôt vous verrez ma nouvelle série télé « M’ba Bouanga et ses Bombi».

Et c’est vous le producteur ?

Oui, quand j’ai parlé de mon projet à des amis, ils m’ont tout de suite dit qu’ils m’accompagneraient. Pour eux, c’est le savoir-faire qui compte et non les diplômes. Nous sommes actuellement au montage et je sais que cette nouvelle série télé va connaître un succès.

Quel est le contenu de cette série ?

« M’ba Bouanga et ses Bombi» parle de la planification familiale. C’est un sujet très sensible car je suis ambassadeur de la Campagne pour l’accélération de la réduction de la mortalité maternelle en Afrique (CARMMA). C’est emmener les femmes à communiquer entre elles en suivant les consultations pendant les grossesses.

Combien va coûter cette série ?

Le coût n’a pas d’importance pour moi, c’est l’effort de tout un chacun. Si j’avais les moyens, j’aurais fait plus que les 50 épisodes. Le plus important, c’est la contribution de tout un chacun pour cette sensibilisation. C’est pour bientôt sur le petit écran aux niveaux national et international. Il faut que cette série entre dans chaque foyer.

Pensez-vous que vos messages sont perçus et changent les comportements par le biais du Théâtre de l’espoir qui est votre centre ?

Oui bien sûr, c’est avec le théâtre que nous avons atteint nos objectifs. Par exemple « Justice pour tous » que l’on vient de boucler à Gaoua. Le comportement recherché était d’équilibrer la justice afin que le pauvre puisse avoir un avocat parce qu’il existe un fond pour ça. Je félicite la Justice pour cette initiative car il y a des gens qui ont une grande peur de la Justice, de la Police ou de la Gendarmerie.

Le théâtre sans une dose d’humour ne perd-il pas sa saveur ?

Le théâtre doit avoir sa dose humoristique, il faut l’orienter dans la satire. Ce sont des messages que l’on véhicule avec la manière.

 

Quel est votre regard sur des festivals comme le FITMO ou le FITD ?

Ce sont des rencontres qui emmènent les gens à comprendre que le théâtre a une très grande place dans la société. Il y a certains qui pensent que les festivals, c’est gagner de l’argent et je dis non.

Et la Nuit des Lompolo ?

C’est très important. C’est donner une place aux hommes et femmes du théâtre burkinabè. C’est de la considération comme au cinéma où il y a les oscars.

Avez-vous du temps pour vous occuper de votre famille ?

C’est ça le problème. Avec les répétitions et les créations, cela nous prend énormément du temps mais je fais tout pour être à la maison à 19h.

A la maison, arrivez-vous à faire le distinguo entre M’ba Bouanga et Hyppolite Ouangrawa ?

Je suis toujours le même sur les planches qu’à la maison. On ne peut pas donner la bonne humeur au dehors et être le contraire à la maison. Je m’amuse avec ma femme comme je le fais avec tout le monde au dehors.

Quel est votre mot de la fin ?

Je tiens à vous remercier particulièrement sans oublier de témoigner ma reconnaissance au ministère de la Santé et son partenaire l’UNFPA qui ont permis de réaliser ma nouvelle série. Au début, quand les gens me demandaient ce que je faisais et que je répondais que c’est du théâtre, ils me disaient de chercher du travail. Il faut que les gens reconnaissent la valeur de ce métier.

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1 comment

ABACE ZERBO Juin 17, 2016 at 15 h 09 min

j’ai adoré cet intervew ainsi q les paroles encourageantes de M’ba Bouanga mais j voulais savoir comment quelqu’un peut adherer à sa troupe theatrale pour jouer?
je suis étudiant en medecine et j’ai de la passion pour ce metier.merci.

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