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Rigobert Ilboudo de la radio rurale : « Je suis radio et je resterai radio »


La renaissance de la radio rurale du Burkina Faso qui est aujourd’hui bel et bien une réalité se révèle comme un ouf de soulagement pour certains de ses nombreux animateurs et journalistes. C’est le cas de Rigobert Ilboudo dont la voix suave se laisse écoutée par de nombreux auditeurs qui lui sont restés fidèles. Fort de sa trentaine d’années d’expérience dans le domaine de la radio, il compte partager son expertise à la jeunesse à quelques années de sa retraite qui se profile à l’horizon. A la faveur de la nuit du monde rural au CENASA organisée dans le cadre de la relance de la radio rurale où il travaille toujours, nous l’avons rencontré pour parler de savoir-faire en pratiques radiophoniques. Entre animation sur le podium, nous avons réussi à lui arracher quelques mots.

Afriyelba.net : Quelle appréciation faites-vous de la relance des activités de la radio rurale ?

Rigobert Ilboudo : J’apprécie de façon très positive la relance des activités de la radio rurale du Burkina. Dans un pays comme le Burkina Faso, si on ferme une radio où il y a plus de 20 langues nationales, ce n’est pas du tout intéressant. Maintenant, la radio rurale a rouvert ses portes, je suis très content. Je suis affecté dans cette radio et j’ai 4 émissions par semaine. J’ouvre deux fois la radio par semaine. Pour le moment, j’ai 30 ans d’expérience de journalisme en radio et je veux en faire profiter aux petits frères. La radio et nous, c’est la passion. Et quand tu aimes quelque chose, tu l’as fait correctement. Si l’on me programme même à 4 heures du matin, on me verras à la radio. J’ai toujours refusé de faire la télé, mais la radio, j’aime la radio et je reste à la radio jusqu’à ma retraite.

Vous êtes arrivés à la radio rurale en 1991, quelles sont les émissions que vous animiez ?

Rigobert Ilboudo annonçant les artistes à la nuit du monde rural

Depuis 1991, j’animais les concerts en langues mooré et je faisais des émissions de débats. J’ai crée aussi une émission « Rogmik Sonsga » qui parle de la tradition avec les chefs coutumiers, les vieux et les vieilles. Dans le cadre de cette émission, je suis allé en Italie, au Canada, aux Etats Unis pour échanger avec les communautés qui y vivent. Ce sont des émissions pareilles que j’anime jusqu’à présent. Elles continuent parce que ce sont des émissions qui tiennent à cœur. Pour l’émission « Rogmik Sonsga » par exemple, le Moogho Naaba a donné le feu vert d’aller où je veux pour échanger avec les chefs coutumiers et les autres personnes ressources qui aiment la culture. Il y a une autre émission dénommée « Id bangd sooda » dont la version française est patronyme. J’anime cette émission tous les vendredis de 16 heures à 17 heures. Si vous dites toute suite votre nom de famille, je sais déjà d’où vous venez et je vous décortique son sens. Ce sont des émissions que je ne peux pas laisser.

Que représente la radio dans votre vie ?

J’aime la radio depuis mon enfance en Côte d’Ivoire. Je suis rentré en 1988 au Burkina Faso. Je connaissais la Côte d’Ivoire, le Mali, le Ghana plus que mon pays. Mais j’aime la radio, partout où je suis, c’est la radio, chez moi, je peux taper un mois, voire deux sans regarder la télévision.

Avez-vous le retour auprès des populations de ce que vous faites ?

Bien sûr que oui, que ce soient les vieux, les vieilles, les chefs coutumiers, les gens m’apprécient à chaque fois. Et c’est ça qui me donne le courage de continuer. Si les gens n’appréciaient pas mon travail, j’allais me décourager. Mais jusqu’à présent, les gens m’appellent. Et tenez-vous bien, je démarre ma moto pour aller jusqu’à Manga pour enregistrer les émissions ainsi qu’à Zorgho qui est chez moi pour aller faire la même chose. 100 km, 120 km, je parts chaque fois à moto pour enregistrer des émissions. Je n’aime pas rediffuser une émission et je l’ai toujours dit aux jeunes. Quand on rediffuse, ce n’est pas bon. Les auditeurs ont écouté hier, pourquoi repasser encore cette émission demain ? Ce n’est pas normal, il faut créer. Pour cela, j’aime la radio, je suis radio et je resterai radio. Il y a eu un temps où l’on voulait m’affecter à la télévision nationale et j’ai dit si c’est comme ça, je rendrai ma démission ou bien ils me chassent. Parce que je ne suis pas fait pour la télévision. Je suis arrêté avec vous à cette heure, (ndlr : presque 23h) demain matin, vous allez entendre ça à la radio. Mais si c’est la télévision, c’est trop lourd.

Interview réalisée par Saïdou Zoromé

 


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