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WIZY (ARTISTE MUSICIEN NIGERIAN) « Au Burkina, les gens ont peur d’investir dans la musique »


Né à Lagos, ce jeune artiste musicien nigérian a posé ses valises à Ouagadougou depuis Février 2013. Wizy, à l’état civil Franck M’bama, il a réalisé un album au Burkina sous la coupole du Commandant Papus, le directeur de Merveilles production. Guidé par sa grand-mère paternelle qui fut une grande chansonnière au Nigéria, Wizy compte jouer les grands rôles dans la sphère musicale. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, l’artiste nous parle de ses débuts dans la musique, de sa rencontre avec son producteur burkinabè et la différence entre le show-biz nigérian et burkinabè.

Quelle est ta petite histoire avec la musique ?

Tout d’abord, je vous dis merci pour l’opportunité que vous m’offrez pour que je m’exprime à travers vos colonnes. Ma grand-mère paternelle fut une grande cantatrice qui a guidé mes premiers pas. C’est en grandissant que j’ai eu cet amour pour la musique. Mais c’est en 1999 que le déclic est intervenu.

Est-ce avec l’artiste Abrod que ce déclic est intervenu?

Oui effectivement, il était une véritable star à cette époque. C’est à la suite de notre rencontre que j’ai décidé d’entamer une carrière professionnelle. Abrod m’a prodigué des conseils et m’a signifié que c’est nous qui sommes le relai de la nouvelle génération, ses mots m’ont beaucoup galvanisé.

As-tu sorti un album au Nigéria avant de te retrouver au Burkina ?

En 2006, j’ai sorti un album de huit titres baptisé « they’re coming ». IL est sorti au plan local et n’a pas connu un succès.

Depuis quand es-tu au Burkina ?

Je suis venu au Burkina pour la toute première fois le 27 Décembre 2011 en provenance d’Abou Dhabi avant d’aller en Espagne pour faire mes affaires. Et depuis Février 2013, je suis basé à Ouagadougou.

Est-ce parce que les affaires n’ont pas marché que tu t’es retrouvé au Burkina ?

Ce n’est pas cela. Tout allait bien en Espagne. Je voulais une seconde patrie pour explimer mon talent d’artiste. Le Nigeria est saturé. Tel n’est pas le cas ici au Faso. Quelques semaines plus tard, tu rencontres ton producteur, comment s’est faite cette rencontre avec Commandant Papus ?

C’est l’arrangeur Kévinson qui nous a mis en contact. Je faisais des free-styles chez Kévinson et c’est ainsi qu’il lui a fait écouté mes créations. Ça lui a plu et voilà comment notre collaboration a commencé.

La première chanson que tu as réalisée avec ton producteur est « My life », comment sont venues les autres ?

Le producteur est tombé sous le charme de « My life » ; après l’enregistrement de la chanson, il a voulu qu’on enchaine les autres titres et c’est comme ça qu’on a bouclé l’album, une œuvre de onze titres sortie en Février dernier.

Et comment sont venus les featurings car tu as été beaucoup sollicité ?

Seul le travail paie. J’ai fait un featuring avec Sofiano, Greg, Floby et bien d’autres.

Penses-tu concurrencer des têtes couronnées comme Flavour ou Davido ici au Burkina avec ta musique?

Oui pourquoi pas. La musique est éphémère. Davido a repris à sa manière une chanson populaire de chez nous et cela a été un succès. On peut faire un titre qui devient en quelques jours un succès mondial et moi j’y crois.

Selon toi, quelle est la différence entre le show-biz nigérian et celui pratiqué au Burkina ?

Le show-biz nigérian est très lourd. Là-bas on peut parler d’industrie musicale. Les producteurs y mettent de grosses sommes d’argent et puis il y a beaucoup de mécènes qui soutiennent les artistes. Ici les producteurs n’ont pas assez de moyens mais je leur tire mon chapeau pour leur courage et leur patriotisme.

Pourquoi l’argent ne circule pas dans le show-biz burkinabè ?

Ici les gens ont peur d’investir dans la musique.

Quel est ton message particulier qui te tient à cœur ?

L’album « My life » est un rêve que j’ai réalisé. Je sais que cet opus voyagera loin, je demande aux mélomanes de l’acheter car y a des merveilles à découvrir. L’œuvre est bien connue dans la communauté nigériane au Burkina. Je dis merci à mes fans car ils me soutiennent. Je ne parle pas le mooré et eux ils ne parlent pas l’anglais. Moi j’évolue dans un esprit de fusion de musique. On retrouve même du liwaga dans mon album. Ici au Burkina, je me sens chez moi.

Quel est ton mot de la fin ?

Je vous dis encore merci de m’avoir adopté. Le Burkina est ma seconde patrie.

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON


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