La 4e Biennale Internationale de Sculpture de Ouagadougou (BISO) a ouvert ses portes ce jeudi 20 novembre 2025. Organisée par l’association Art et Culture, cette manifestation se tient au siège du FESPACO, qui abritera l’évènement jusqu’au 22 décembre.
Organisée par l’association Art et Culture, cette manifestation réunit seize sculpteurs venus de divers pays, notamment le Burkina Faso, le Maroc, le Zimbabwe et la Belgique, autour du thème Central « Insoutenable Frontières». L’exposition qui s’etend jusqu’au 22 décembre 2025, offre au public une plongée profonde dans la richesse et la diversité de la sculpture contemporaine africaine.

Cette édition démarre avec « La nuit du pagne tissé », une exposition inaugurale où sont immortalisés en bronze plusieurs héros nationaux burkinabè tels que Thomas Sankara, Diaba Lompo, Djimbi Ouattara et la princesse Yennenga. La mise en scène utilise un sol parsemé de coton, évoquant à la fois la tradition et la mémoire collective. Nyaba Ouedraogo, co-promoteur de BISO, explique que ce travail cherche à imaginer le portrait vivant et vêtu de tradition de ces figures emblématiques du Burkina Faso, soulignant la portée symbolique et culturelle de la sculpture comme moyen d’expression du patrimoine et de l’histoire.

Parmi les œuvres phares exposées, celle du Burkinabè Mohamed Ouedraogo attire particulièrement l’attention. Sa création traite de l’immigration clandestine avec une scénographie mêlant un sabre, des barrières de filets et des marionnettes tentant un passage symbolique. Cette œuvre parle de l’expérience personnelle d’un frère parti à l’étranger et jamais revenue, donnant une dimension humaine et émotive au thème des frontières, reflété dans l’ensemble de cette Biennale.

Créée en 2019 par le photographe burkinabè Léon Nyaba Ouedraogo, la BISO s’affirme aujourd’hui comme une plateforme cruciale pour la sculpture contemporaine africaine. Organisée avec le soutien institutionnel de l’Union européenne au Burkina Faso, la Biennale vise à promouvoir les artistes sculpteurs en consolidant leur visibilité sur le marché international de l’art tout en offrant un espace de création et de réflexion. Chaque œuvre est perçue non seulement comme un objet d’art mais comme « un passage entre l’humain et la matière, le visible et l’invisible », selon Nyaba Ouedraogo. Ce positionnement donne à la Biennale une aura où sculpture, mémoire et espoir se rencontrent.
Le thème « Frontières insoutenables » s’inspire d’un recueil poétique de l’écrivaine ivoirienne Tanella Boni, publié en 2022, qui invite à transcender les limites imposées entre les peuples et les territoires. Victor Persan, co-promoteur de BISO, souligne que cette thématique est un puissant questionnement sur les migrations, les divisions et la quête de liberté et de dignité humaine.
Un invité de marque, Philippe Bronchain, ambassadeur désigné de l’Union Européenne au Burkina Faso, a salué cette initiative. Il a remercié l’association Art et Culture pour son travail passionné qui fait de cette Biennale un rendez-vous artistique incontournable, même dans le contexte difficile que traverse le pays. Bronchain a insisté sur le rôle fondamental des arts et de la culture comme moteurs de développement, instruments de dialogue et piliers de cohésion sociale. Selon lui, soutenir la création artistique est un geste d’espoir qui nourrit la résilience collective.

L’ambiance du vernissage a été animée par des prestations musicales et chorégraphiques vibrantes, avec l’artiste Zabda et les danseurs dirigés par Irène Tassembedo, mettant en dialogue la matière sculptée avec la performance vivante, renforçant ainsi la pluralité d’expression artistique proposée par l’événement.
Ouverte gratuitement au public tous les jours jusqu’au 22 décembre, cette 4e édition de la Biennale Internationale de Sculpture de Ouagadougou invite les amateurs d’art, les professionnels et tous les curieux à découvrir une facette majeure de la création africaine contemporaine. En réunissant des artistes venus d’Afrique et d’ailleurs, la BISO transforme Ouagadougou en un véritable sanctuaire de la sculpture où l’Afrique dialogue avec le monde par l’entremise de formes, de matières et d’histoires à la fois uniques et universelles.
Par Souleymane FOFANA.

