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« Réinventer l’éducation des garçons en Afrique » : Aïcha Sango lance son livre à Ouagadougou

Le jeudi 16 juillet 2026, à l’immeuble Céleste de la ZAD à Ouagadougou, l’écrivaine Aïcha Sango a procédé au lancement officiel de son ouvrage « Réinventer l’éducation des garçons en Afrique ». Devant un parterre d’autorités, de journalistes et d’invités venus nombreux, la cérémonie de dédicace a été l’occasion de questionner un sujet encore trop peu débattu sur le continent : comment prépare-t-on réellement les garçons à devenir des hommes ?

Née le 8 décembre 1988 à Zabré, Aïcha Sango incarne une figure inspirante de la diaspora africaine, entre réussite entrepreneuriale, engagement social et promotion culturelle. Son parcours scolaire l’a menée de Koudougou à Manga pour le primaire, puis à Zabré, Koupéla, Tenkodogo, Ouagadougou et Kombissiri pour le secondaire, avant des études supérieures à l’ISIG (devenue Université Aube Nouvelle), où elle décroche un Master en finance et banque.

En 2017, elle s’envole pour les États-Unis afin d’y poursuivre ses études, mais choisit de marquer une pause académique pour se former à travers des certifications professionnelles et se lancer dans les affaires. Elle s’investit alors dans des secteurs variés — esthétique, coiffure, commerce de véhicules de grosse cylindrée — avant de devenir, en 2026, Coach éthique certifiée, spécialisée en relations conjugales, accompagnement parental, éducation et confiance en soi.

Préoccupée par l’impact des réseaux sociaux sur l’abandon des valeurs traditionnelles africaines, elle publie avec « Réinventer l’éducation des garçons en Afrique » son premier ouvrage. Aïcha Sango préside par ailleurs les associations « Femme de la Diaspora pour le bien-être du genre » et « Faso », et promeut depuis cinq ans le festival « Wonder Woman », dédié à la valorisation de la femme et au rayonnement de la culture africaine.

Dans la présentation de son ouvrage, Aïcha Sango livre ces mots qui résument l’esprit de sa démarche : « Ils disent que l’homme ne pleure pas… Moi, je dis qu’un homme qui ne pleure jamais peut finir par faire pleurer toute une famille. » Pour elle, réinventer l’éducation des garçons en Afrique « n’est pas accuser, c’est construire » ; « ce n’est pas opposer les femmes aux hommes, c’est préparer des hommes capables de bâtir avec les femmes ».

Elle y exprime le rêve de garçons qui respectent leur mère, honorent leur épouse, écoutent leurs enfants et savent demander pardon sans y voir une perte de dignité — et de foyers où le dialogue remplace les cris et le respect remplace la peur. L’ouvrage se veut une invitation adressée aux parents, aux éducateurs, aux enseignants, aux chefs coutumiers et religieux et aux décideurs : « Lorsqu’on éduque un garçon à aimer, à respecter, à servir, à assumer ses responsabilités, ce n’est pas seulement un homme que l’on transforme… c’est toute une génération que l’on sauve. » Selon l’auteure, « Réinventer l’éducation des garçons en Afrique » n’est pas seulement le titre d’un livre : c’est « une mission », « un héritage », « un appel à l’action ».

Les invités de marque de cette cérémonie de dédicace

C’est Marie-Ange Bouda qui a assuré la maîtrise de cérémonie de cette soirée, rythmée par plusieurs temps forts : mot de bienvenue, mot du parrain, mot du président de la cérémonie, prestations artistiques, présentation de l’ouvrage, dédicace officielle, vente-dédicace et cortège de clôture. La soirée s’est ouverte sur une prestation à la kora, présentée comme « la voix des griots, la mémoire des prix », avant l’exécution de l’hymne national du Burkina Faso.

La cérémonie a réuni plusieurs personnalités, dont Camarade Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme et porte-parole du gouvernement, président de la cérémonie ; Camarade Abdoul Karim Sango, ancien ministre de la Culture et parrain de l’événement ; ainsi que deux invités d’honneur, Son Excellence Naaba Kaongo, chef de Zagtouli, et Noom Naaba Floby. Les artistes Alif Naaba et Zefira Elf ont également été conviés à se produire au cours de la soirée.

Dans son mot, le parrain Abdoul Karim Sango — qui se trouve être le frère de l’auteure — a exprimé sa fierté de voir sa sœur rejoindre la famille des écrivains. Il a salué la qualité de l’ouvrage et son ancrage dans une problématique concrète : la manière dont les familles africaines éduquent leurs garçons.

S’appuyant sur son expérience personnelle de père, il a plaidé pour un partage plus équilibré des tâches domestiques entre garçons et filles dès le plus jeune âge, évoquant également son séjour aux États-Unis comme source d’une réflexion comparative sur les modèles éducatifs. Il a conclu son intervention en encourageant le public à lire et à faire lire l’ouvrage, tout en exprimant son impatience de découvrir les futurs écrits de sa sœur.

C’est au journaliste et auteur Youssef Ouédraogo, également coordonnateur des Faso Music Awards, qu’est revenue la tâche de présenter l’ouvrage et son autrice. Selon lui, ce livre « ne se contente pas de décrire la société » : il interpelle les consciences et invite à repenser collectivement l’éducation des garçons en Afrique.

Il a souligné l’originalité de la démarche d’Aïcha Sango, qui choisit de s’intéresser à l’éducation des garçons plutôt qu’à la seule condition féminine, convaincue que l’équilibre de la société dépend aussi de la manière dont les futurs hommes sont formés. L’ouvrage mêle témoignages, analyses, références historiques et études comparatives entre l’Afrique et les États-Unis, où l’auteure a vécu.

Youssef Ouédraogo a cité un passage de la page 20 du livre : « Dès le plus jeune âge, les garçons reçoivent des messages clairs, parfois violents, souvent répétés » — des injonctions comme « un homme ne pleure pas » ou « un homme ne cuisine pas », qui deviennent selon l’auteure des lois silencieuses coupant les garçons de leurs émotions et de la sphère domestique. Il a également cité l’avant-propos de l’ouvrage : « L’éducation des garçons en Afrique est souvent influencée par des traditions profondément enracinées et des attentes sociétales qui façonnent leur parcours dès le plus jeune âge. Pourtant, ces normes ne répondent plus aux exigences d’une société en perpétuelle mutation. »

Pour le présentateur, la force du livre réside dans son refus de tout manichéisme : « Il ne condamne pas l’Afrique, il ne célèbre pas aveuglément l’Occident, il invite simplement à réfléchir. »

## Aïcha Sango : « Ne laissez pas l’éducation des enfants à la femme seule »

Interrogée après la séance de dédicace, l’auteure Aïcha Sango — présidente de l’association Femmes de la Diaspora pour le Bien-être du Genre et promotrice du festival Wonder Woman Africa International — est revenue sur la genèse de son livre. Née et ayant grandi au Burkina Faso avant de poursuivre ses études aux États-Unis, elle explique avoir voulu « ramener » au pays ce que son expérience américaine lui a permis d’observer.

Aicha songho en direct fait les dédicaces et signature de l’ouvrage pour les acheteurs

« Réinventer l’éducation du garçon en Afrique, ce n’est pas renier ce que nous avons ici, mais apporter quelque chose de plus consistant pour avoir des hommes capables demain », a-t-elle affirmé, reliant selon elle la fragilité de nombreux mariages actuels à un déséquilibre : toute la responsabilité éducative reposant sur les filles et les mères, sans que les garçons ne soient préparés de la même façon.

Elle a illustré son propos par l’exemple d’une famille américaine rencontrée durant son séjour, où deux petits-fils élevés par leur grand-mère se relaient aujourd’hui pour prendre soin d’elle au quotidien — y compris pour gérer son traitement contre le diabète. Un exemple qu’elle oppose à une tendance qu’elle observe en Afrique, où cette charge repose presque exclusivement sur les belles-filles.

L’auteure a lancé un appel direct aux pères de famille : « Ne laissez pas l’éducation des enfants à la femme, elle seule ne peut pas. » Elle les a exhortés à rentrer plus tôt du travail pour s’impliquer réellement dans le quotidien de leurs enfants, plutôt que de laisser cette responsabilité reposer uniquement sur les mères.

Publié aux éditions Téminiyis dans la collection « Pensées d’hier à demain », « Réinventer l’éducation des garçons en Afrique » était disponible à la vente-dédicace à l’issue de la cérémonie, qui s’est achevée par un cortège de clôture.

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