Ce mardi 10 mars, le Carrefour International du Théâtre de Ouagadougou a accueilli la première représentation de la pièce « J’ai une idée », un conte théâtralisé présenté par l’association Ame-à-zone. Pour cette première soirée, la salle a affiché complet, témoignant de l’engouement du public pour cette création artistique riche en messages.

D’une durée d’environ 50 minutes, « J’ai une idée » se présente comme une collection de trois contes théâtralisés mêlant musique, chant et lumière. L’œuvre aborde plusieurs thématiques liées à la société, notamment la responsabilité individuelle, l’espoir, l’entraide et l’appât effréné du gain. Selon Sandrine Kibora, présidente de l’association Ame-à-zone, ce spectacle est une adaptation de contes au contexte burkinabè. « Nous avons parlé de la responsabilité. Nous accusons toujours l’autre, pourtant nous ne faisons pas grand-chose pour le pays. Nous avons également évoqué l’essentiel et l’utile dans la vie », a-t-elle confié. Habituée à conter pour un jeune public, la conteuse a cette fois choisi de s’adresser à un public adulte afin de partager des messages profonds et interpellateurs.

Sur scène, elle est accompagnée par Adama Koanda et Adjara Simporé, sous la mise en scène de Eudoxi Lionelle Gnoula. Pour cette dernière, le travail de création a consisté à tisser les différents contes pour leur donner une cohérence autour de l’idée centrale du spectacle. « Ce sont des contes collectés que nous avons essayé de traiter de manière subtile et profonde pour aborder des sujets de société. Mon travail a consisté à relier ces mini-contes afin de trouver une ligne directrice autour de la notion d’idée : quand on a une idée, comment la développer pour en faire quelque chose de magnifique », a-t-elle expliqué.

Le spectacle est présenté en français, mais également en mooré, dioula et gourounsi, dans le souci de valoriser les langues nationales et de toucher un public plus large. Cette première représentation, jouée à guichet fermé, a suscité une grande satisfaction chez Sandrine Kibora, pour qui c’était un rêve de voir un spectacle de théâtre faire salle comble. À la fin de la représentation, les spectateurs ont réservé une standing ovation aux artistes pour saluer la qualité de la prestation. « J’ai adoré le spectacle et les messages véhiculés. Ce spectacle mérite d’être partagé avec le monde entier », a confié Rhodes Oladjidé, venu assister à la représentation.

Côté technique, le son a été assuré par Kader Bonkoungou, la lumière par Céline Kaboré et la chorégraphie par Louba Nikiema. L’assistance à la mise en scène est signée Esther Bancé. La scénographie a été réalisée par Ouassila Kharoune, malheureusement décédé avant la première représentation du spectacle. Un vibrant hommage lui a été rendu par les artistes et le public au cours de la soirée.
Il faut préciser que l’accès au spectacle est libre pour les étudiants de l’USTA, de l’université Joseph Ki Zerbo et de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM). Le projet a bénéficié du soutien du ministère de la communication, de la culture, des arts et du tourisme.

La pièce « J’ai une idée » est programmée du 11 au 14 mars et du 18 au 21 mars au CITO, avec un ticket d’entrée fixé à 2000 francs CFA, et 1000 francs CFA pour les élèves et étudiants. Un rendez-vous théâtral à ne pas manquer pour les amoureux de la scène et des contes porteurs de réflexion.
Par Wend Kouni

