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La résidence de création Garibou redonne le sourire aux enfants talibés

« On permet aux enfants de rester des enfants, loin des difficultés qu’ils rencontrent au quotidien. Grâce à la peinture, on leur permet de se plonger dans leur imaginaire, ça contribue aussi à les éveiller. On veut qu’ils continuent de rester des enfants, qu’ils ne deviennent pas des adultes avant l’âge », confie Aboubacar Sanga, coordinateur du Collectif Wekré-Eclosion et membre associé de la résidence de création Garibou.

Aboubacar Sanga, coordonnateur de Wekré-Éclosion, membre associé du projet Garibou.

Lancée en 2023, cette initiative artistique bénéficie à une vingtaine d’enfants issus d’une école coranique. Elle vise à offrir à ces jeunes un cadre d’expression, de détente et de découverte à travers l’art pictural.

Le projet est né d’une belle histoire. L’artiste plasticien Oumar Warma, fondateur de Warm’art, vit non loin de l’école coranique fréquentée par ces enfants. En 2012, intrigués par son travail, ils venaient régulièrement l’observer pendant ses séances de création.

« Quand ils me voyaient peindre, ils s’approchaient pour me regarder. Avec le temps, certains ont commencé à m’aider et restaient avec moi toute la journée », raconte-t-il avec émotion.

Touché par leur curiosité, Oumar Warma a décidé de leur ouvrir son atelier. C’est ainsi que le Collectif Wekré-Eclosion, séduit par cette expérience spontanée, s’est associé à Warm’art pour bâtir un cadre structuré et durable : la résidence de création Garibou.

L’artiste plasticien Oumar Ouarma est le porteur du projet Garibou.

Le projet, soutenu par la Fondation Orange, se déroule cette année du 6 au 12 octobre, de 9h à 14h. Quinze enfants âgés de 11 à 14 ans participent à cette troisième édition, encadrés par cinq artistes plasticiens qui leur enseignent le dessin, la peinture et le maniement des couleurs.

« Revoir les mêmes enfants depuis trois éditions est un vrai motif de satisfaction. On constate une nette amélioration : en une seule séance, ils sont désormais capables de réaliser des œuvres complètes », se réjouit Aboubacar Sanga.

Oumar Warma confirme ces avancées : « Aujourd’hui, ils savent dessiner, gommer, mettre les couleurs. Beaucoup n’avaient jamais tenu un crayon auparavant.» Pour lui, cette expérience va au-delà de la pratique artistique : elle participe à l’éveil, la confiance et la créativité des enfants. Certains, plus passionnés, pourraient même devenir les futurs artistes plasticiens du Burkina Faso.

En une journée les enfants sont désormais à mesure de produire un dessin.

Le promoteur en profite pour lancer un message aux parents et maîtres coraniques : « Il est important de penser à l’avenir de ces enfants, de leur permettre d’apprendre un métier qu’ils pourront exercer plus tard. »

Grâce à cette résidence, les jeunes participants, habituellement confrontés à des conditions de vie difficiles, retrouvent le droit fondamental d’être simplement des enfants : de rêver, de créer et de s’exprimer librement.

Par Wend Kouni

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