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NOTRE TEMPS de Sana Bob: Le risque de vouloir bien faire


Je ne suis pas sur qu’un fervent acteur culturel et passionné de la musique burkinabè voulait rater ce rendez-vous inédit. La sortie du 5ème opus de Salif Sana dit Sana Bob (crieur public) avait été annoncé un mois à l’avance et la soirée pluvieuse du 8 septembre n’a pas empêché les adeptes de faire massivement le déplacement.

Baptisé « NOTRE TEMPS » à l’image du quotidien « NOTRE TEMPS », l’album est composé exactement de 11 titres donc un remix. Issu d’une famille de danseurs, Sana Bob se berce véritablement de musique auprès de sa mère adoptive ADO GORGO Léontine, une cantatrice très adulée. C’est avec elle que le virus de la musique prend possession de lui mais sans pour autant se développer aussitôt. C’est tout en faisant paître les vaches et en s’occupant des travaux aux champs que Salif se forge une aptitude vocale et construit doucement sa passion pour la musique.

Très jeune, en 1977, il va quérir une vie docile en Côte d’Ivoire. Il vit de différents petits boulots; l’instinct musical qui sommeillait en lui surgit et se renforce à travers des formations pointues en musique, danse, comédie, percussion et chant. En tant que musicien auteur compositeur, il y enregistre cinq albums dont le tout premier hier baptisé « Notre Temps ». Sa musique, un reggae moulé dans les sonorités du wed bindé, puisée du Sanmantenga, un rythme musical de sa région. Un afro reggae où s’entremêlent des instruments traditionnels africains tel que le rudga , la kora, le bendré, le lunga et le wamdé,

-Novembre 2010 : Sortie de la compilation Ya foy en France, qui a réunit les membres du Shifumi temple et la coalition Btrkina intègre.

-Janvier 2010 : Une compilation “ les vrai PDG ” pour une sensibilisation sur la prévention routière, projet de l‘association OMD Afrik.

-Décembre 2009 : La sortie de l’album « Béog Yiinga » qui aura été son véritable déclic.

– Octobre 2006 : sortie de l’album « Dernière Chance», C’est opus est venu davantage le hisser au firmament de la musique burkinabè.

.-2004, « Yéti yelkayé », ce titre figurait dans la compilation du «Gang Rebel du Faso».

-Septembre 2000, l’album « Réconciliation» enregistré à Abidjan, il est sorti simultanément en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso.

– 1997,C’est le tout premier opus de l’artiste qui lui a permis de peaufiner une véritable carrière musicale. Baptisé « Gloire » il est sorti du label Showbiz.

Je voudrais m’appesantir donc sur le tout dernier (NOTRE TEMPS) qu’il a présenté hier au Reemdoogo devant un parterre de journalistes, d’artistes et d’acteurs culturels.

12 titres ont été ma foi, enregistré dans de bonnes conditions, mais en réécoutant et surtout en faisant une comparaison de ses tubes précédents, il n’a pas hésité à aller chercher dans ses tripes pour trouver des mélodies;

Je reste convaincu que de ces quatre opus, c’est ce dernier (NOTRE TEMPS) qui aura été plus abouti techniquement. J’ai ressenti une touche assez particulière dans la pertinence du choix de l’orchestration. Mais Bob Sana aurait été influencé par le fantasme positif qu’augure la musique européenne. Il est devenu méthodique et moins enthousiaste. Ces messages conscientisant sont en train de laisser place à la technique, à l’harmonie et surtout au désir de bien faire.

Sana Bob m’a fait écouter les tubes comme » Burkinabè » qui aura tout simplement mis en exergue les instruments au devant de la scène. Je n’ai vraiment pas retrouvé mon Sana Bob épanoui et harangueur.

Son live au profit des journalistes lors de sa conférence de presse, aura été quelque peu téléguidé. Guitare à la main, il est resté stoïque assis sur son long siège et égrenant de façon assidue deux des trois tubes qu’il devait présenter ce soir là. Une prestation live composée de 6 musiciens qui m’aura permis de noter le progrès dans l’harmonie mais des insuffisances dans sa prestations scénique. Epuisé peut être? .

Sana Bob à mon avis, est devenu un artiste moderne. Il a soigné de plus en plus son image et sa musique. Peut-on affirmé que cet enfant prodige de la musique burkinabè, devenu une icône serait en train de dormir sur ces lauriers? je ne pense pas!

J’ai retrouvé cet artiste qui nous fait bourlinguer dans le folklore profond de notre patrimoine musical avec une aisance donc lui seul connaît le secret.

Quand j’écoute le titre « Toum Saambé » qui m’aura le plus impressionné, je rencontre un artiste assez exceptionnel qui possède une courbe ascendante, mais qui devrait prendre assez de précaution quant à ce métissage à outrance. Le tube « Ya pas la monnaie » a failli me rappeler justement ces précédents albums, mais je suis resté sur ma soif.

On n’a pas besoin d’écouter forcément les paroles pour aimer ou apprécier une musique. Je n’ai pas besoin de savoir m’exprimer en Mooré ou en Dioula pour décrypter une musique. Se sont les sensations et les vibrations qui suscitent l’intérêt. Je n’ai pas retrouvé fondamentalement le Sana Bob assez euphorique avec des termes ou des slogans interpellateurs. Sur cet opus, ces thèmes ont été présenté de façon naturel comme tous les autres artistes. Il ne s’est pas véritablement exprimé au peuple comme on n’a l’habitude de le voir.

Est ce le fait d’être par moment coché par un staff européen, qui l’aura un tout petit peu, fait renforcer l’aspect instrumental et technique au détriment de son côté engagé et fédérateur? Quatre reggaes et sept musiques d’inspirations traditionnelles jalonnent cet opus. Il a certes parlé du continent mais l’auteur de « Beog Yiinga » a nommément cité des pays comme la Guinée et Côte d’Ivoire dans « Je suis pauvre »

Le tube « Sauvez le Sahel » pourrait être un crédo pour la pléthore des organismes qui luttent pour la protection de l’environnement. Toujours avec une prédominance auditive des instruments tradi-modernes, je retrouve un Sana Bob en pleine mutation artistique.

Il convient aux mélomanes d’apprécier, mais je suis convaincu que « NOTRE TEMPS » aura besoin d’une promotion méthodique, en choisissant la cible approprié et le tube détonateur.

Hérvé Honla


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