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Sydica, la plateforme d’hébergement de musique conçue pour l’Afrique.

Le SYITECH Group a procédé, ce jeudi 26 février 2026 à l’Institut Everest, à la présentation officielle de sa plateforme de diffusion musicale baptisée Sydica. Disponible en téléchargement sur Play Store et App Store, cette application ambitionne de révolutionner le streaming musical en Afrique grâce à des innovations adaptées aux réalités du continent.

Le présidium de la présentation de la plateforme Sydica.

Prenant la parole lors de la cérémonie, le fondateur de Sydica, Charles N’Guessand, a dressé un constat préoccupant : « La durée du succès des artistes en Afrique est très courte en général, atteignant rarement 20 ans. Cela est dû à un système qui ne permet pas à l’artiste de stabiliser ses ressources et de les institutionnaliser. » Pour lui, il devenait urgent de mettre en place un microsystème pensé pour l’Afrique et par des Africains.

Depuis 2024, SYITECH Group travaille ainsi à réformer le modèle du streaming sur le continent. L’un des principaux défis identifiés concerne les moyens de paiement. « Les populations africaines utilisent massivement le mobile money, qui n’était pas pris en compte par les grandes plateformes internationales. En Occident, le taux de bancarisation peut atteindre 99 %, facilitant l’usage des cartes bancaires. Ce qui n’est pas le cas en Afrique », a expliqué Charles N’Guessand. À cela s’ajoute le fait que plusieurs pays africains ne sont pas éligibles à la monétisation sur certaines grandes plateformes mondiales.

Charles N’guessan, fondateur de Sydica

Face à ces limites, Sydica propose une solution innovante : le paiement des artistes via mobile money. Grâce à Sydica Studio, les artistes et leurs producteurs peuvent non seulement suivre leurs statistiques en temps réel, mais aussi gérer les événements et la vente de produits dérivés. Véritable tableau de bord financier, Sydica Studio fait également office de portefeuille numérique (wallet) : un montant est généré toutes les 30 secondes d’écoute sur la plateforme et versé directement sur le compte de l’artiste. Celui-ci peut ensuite retirer ses revenus par mobile money ou par voie bancaire, et utiliser sa carte bancaire aussi bien au niveau national qu’international.

Au-delà de la simplification des paiements, Sydica met l’accent sur une gestion plus efficiente des ressources. Les promoteurs de la plateforme déplorent en effet une faible culture financière chez de nombreux artistes, ce qui fragilise leur carrière sur le long terme. En collaboration avec des partenaires financiers, SYITECH Group offre ainsi la possibilité d’investir en bourse, à travers l’achat d’actions ou d’obligations. Les artistes peuvent également cotiser pour leur protection sociale afin de bénéficier d’une pension à la fin de leur carrière. Cette structuration des revenus devrait aussi faciliter l’accès au financement bancaire, grâce à la preuve de revenus réguliers et traçables.

Née en Côte d’Ivoire, la plateforme Sydica est aujourd’hui présente dans 75 pays africains et poursuit son expansion. Avec son approche intégrée combinant streaming, monétisation adaptée, gestion financière et protection sociale, elle pourrait bien marquer un tournant décisif dans l’industrie culturelle africaine, en proposant des solutions concrètes et durables pour la valorisation et la sécurisation des revenus des artistes.

 

Par Wend Kouni

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