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Filière musique: Le Burkina arrache une victoire à Genève, Walib Bara à la restitution


Le 22 mai dernier, le drapeau du Burkina Faso a été hissé haut  à la dernière session du Comité de développement de la propriété intellectuelle (CDPI) tenue à Genève. Et pour cause, un projet initié et présenté par le Directeur général du Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA), Wahabou Bara,  portant sur le  » renforcement de la filière musique et ses nouveaux modèles économiques au Burkina Faso et dans certains pays de l’UEMOA » a été adopté. Une grande victoire pour la musique burkinabè et africaine qui, à travers la mise en ouvre de ce  projet, connaîtra un grand rayonnement. De retour au pays, Walib Bara a tenue une rencontre avec les créateurs et les journalistes pour non seulement leur partager l’information, mais aussi,  leur expliquer les grandes lignes du projet  dont la concrétisation prendra 30 mois.

Journalistes et créateurs sont venus féliciter le BBDA pour cette victoire arrachée

Dans la matinée du 31 mai dernier à la salle de réunion du Bureau burkinabè de droit d’auteur, la joie se lisait sur les visages de Walib Bara et de ses collaborateurs à savoir le secrétaire général de la maison des créateurs et le chargé de communication et plaidoyer Ousmane Sawadogo. Ces responsables du BBDA qui faisaient face aux journalistes et aux acteurs culturels pour la restitution de la présentation du projet à Genève ont toute suite fait un constat: « il y a plus de journalistes que de créateurs. Pourtant le projet concerne plus les créateurs à qui nous voulons expliquer le contenu et les activités qui seront  menées. C’est à eux que s’adresse le projet et pour une grande réussite ils doivent s’en approprier » a déploré Ousmane Sawadogo. Qu’à cela ne tienne, Walib Bara qui a également appuyé les propos de son chargé de communication a justifié l’initiation du projet en ces termes: « Nous sommes partis d’un diagnostique de la filière musique qui souffre d’un déficit en terme de structuration des corps de métiers.  Nous avons l’habitude de voir un artiste qui se retrouve être auteur, compositeur , interprète et souvent distributeur. La filière musique a également un problème d’articulation entres les organismes de régulation et les bureaux de droit d’auteurs. A cela, s’ajoute la fracture numérique qui ne permet pas aux artistes de pouvoir exploiter pleinement leurs potentiels ».

C’est donc au regard de tous ces problèmes, que le Bureau burkinabè de droit d’auteur a proposé au comité de développement de la propriété intellectuelle le projet intitulé « Renforcement de la filière musique au Burkina Faso et dans certains pays africains » a ajouté  le DG du BBDA. Présenté à la dernière session du CDPI à Genève, le projet a été bien apprécié mais a connu des débats houleux quant au pays qui devait l’abriter. Chacun des pays membres au regard de ses talents musicaux voulant se l’approprier. « Le Burkina Faso n’ayant pas de grosses célébrités à l’image de Magic Système pour la côte d’Ivoire, Youssou NDour du Sénégal ou Salif Keita du Mali devrait s s’enorgueillir de l adoption de ce projet «  explique Walib Bara tout joyeux d’avoir réussi à convaincre l’Assemblée qui a, non seulement adopté le projet, mais aussi, décidé de son pilotage par le Burkina Faso.

Les responsables du BBDA faisant la restitution de l’adoption du projet aux journalistes et aux créateurs. On reconnait le Directeur Walib Bara au milieu

Pour ce qui concerne les pays dans lesquels le projet va se déployer, il a confié qu’il s’agira pour les 30 mois de mise en œuvre, des pays de l’UEMOA comme son titre l’indique. Mais il appartient à l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle de désigner les pays qui en seront bénéficiaires car le projet n’appartient plus au Burkina Faso. Des pays comme la Côte d’Ivoire, le Mali et le Sénégal se sont déjà signalés pour faire partir du projet à en croire le DG du BBDA.Venant aux objectifs du projet il  a indiqué que de façon explicite il vise, entre autres, une meilleure compréhension et utilisation des cadres juridiques et règlementaires du droit d’auteur et des droits voisins auprès des Etats bénéficiaires et des professionnels de la musique; la vulgarisation auprès desdits professionnels et des utilisateurs, des mécanismes de gestion collective et de négociation contractuelle des droits relatifs à la gestion des droits numériques, l’amélioration des conditions sociales des créateurs, la mise en place d’une stratégie régionale de valorisation du marché numérique de la musique dans les pays bénéficiaires. On peut oublier un peu le terrorisme, la forêt de Kua et saluer cette victoire diplomatique du Burkina Faso qui malgré l’absence de grosses vedettes à l international arrache un projet structurant pour la filière musicale à dimension sous régionale.  Ailleurs, on aurait célébré cette victoire comme il se doit car désormais le projet n’est plus la paternité du Burkina Faso mais l histoire doit retenir que c’est le Burkina Faso qui a été l’initiateur.

Yannick SANKARA


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