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Fousseni Traoré (Promoteur des journées culturelles des burkinabè au Mali) : «Nos enfants ici au Mali ne connaissent pas nos artistes »


Lors des journées culturelles des burkinabè au Mali qui se sont tenues du 20 au 22 mai 2016 au palais de la culture du Mali, nous sommes allés à la rencontre du promoteur Fousseni Traoré le 20 mai dernier,  afin qu’il nous présente cette manifestation et surtout qu’il nous dresse l’état des lieux concernant la promotion culturelle burkinabè au Mali où il réside. Lisez

  • AFRIYELBA : Présentez-nous succinctement la genèse de cette manifestation dénommée «les journées culturelles des burkinabè au Mali »

Fousseni Traoré : Nous sommes à notre deuxième édition car nous avons fait la première édition en 2009. Nous avions prévu de le faire chaque deux ans ou chaque année mais après 2009, l’année qui suivait coïncidait avec le cinquantenaire du Mali. Nous avions à cette époque voulu le mettre en 2011, la crise est arrivée. Il a fallu attendre la fin de la crise pour la relancer cette année. C’est une édition, je dirais qui renaît de ces cendres, car la première édition avait été entièrement réalisée par Seydoni Mali. La         seconde édition, nous avons associé les communautés . Côté organisation, Il y a quelques failles mais avec le temps, ils vont se perfectionner. En somme, nous avons voulu associer tous les jeunes burkinabè vivant au Mali, pour cette édition car beaucoup sont nés ici et ont grandi ici sans toute fois connaître leur pays d’origine. Nous souhaitons préparer la relève. C’est la première fois que les trois associations des burkinabè résidant au Mali se retrouve pour une activité du genre et nous souhaitons que les autorités burkinabè nous accompagnent.

  • Pourquoi avoir réuni la culture malienne et Burkinabè sur une même activité ?

Quand un burkinabè se retrouve à Bamako et vice-versa, si cet individu ne vous adresse pas la parole, tu ne peux pas savoir d’où il vient. En somme, nous sommes pareils et ce sont les mêmes activités que nous menons et les mêmes traditions à la différence prête. Pour moi, le Burkina et le Mali, c’est une personne qui possède deux poumons. C’est d’abord une activité pour nous les burkinabè, Car nous avons des enfants ici, qui ne connaissent pas nos artistes burkinabè. Moi qui excelle dans la musique, ce n’est pas du tout intéressant. Je rencontre des jeunes filles et garçons dans les écoles quand je leur demande s’ils sont burkinabè, ils me disent oui mais ils ne sont jamais venus au Burkina et ne connaissent même pas nos artistes. C’est la raison pour laquelle, nous avons décidé de créer cet activité pour permettre aux burkinabè de mieux connaître aussi leur pays et leur culture. Ensuite, il est aussi prévu d’organiser des journées culturelles maliennes au Burkina Faso pour permettre aux burkinabè de connaître davantage la culture malienne.

  • Pourquoi la culture burkinabè n’est pas aussi visible et connu hors de chez elle comme celle du Mali ?

Il y a plusieurs facteurs. Il y a d’abord le facteur travail parce que ; comme on le dit, les bonnes choses se vendent seules. Il faut se concentrer, ne pas être pressé pour sortir des albums. Il y a aussi une politique ou un appui consistant du gouvernement tant dans la formation, la diffusion et le financement. Il faut travailler comme je le disais et surtout suivre son temps. Je prends un exemple, quand vous écoutez aujourd’hui les musiques nigérianes, les fonds de ces musiques sont des anciens succès. C’est la musique africaine dans sa globalité qu’ils ont essayé d’actualiser en mettant le folklore de chez eux en exergue. Quand on prend le Burkina qui a plus de 60 ethnies, si nos artistes se mettaient à fouiller  et à étudier de fond en comble en travaillant nos rythmes on n’allait pas être là en ce moment. La musique c’est une question de sensibilité. On danse la musique nigériane de partout par ce qu’on sent les pas provenant de nos régions en particulier. C’est le même cas au Cameroun, au Bénin, en Côte d’Ivoire etc. Donc je demande aux  artistes de travailler et de faire preuve d’ingéniosité. Surtout de ne pas se presser et être à l’écoute de l’environnement musical mondial.

 Le deuxième point, je m’adresse aux politiques notamment la partition de l’Etat Burkinabè, c’est d’encourager les activités de ce genre telles que les festivals, les cérémonies culturelles ou encore d’autres évènements qui magnifient notre culture. Par exemple, je fais les Tamani d’Or depuis déjà 15 ans. A chaque Tamani, je fais venir des groupe Burkinabè depuis le Faso à mes frais. C’est intéressant qu’au cours des évènements du genre, je coopte deux jeunes et décide de les promouvoir dans d’autres festivals africains. Ça leur permettra de sortir et surtout de présenter leur talent dans d’autres contrées. Au MASSA par exemple, on a vu Mai Lingani lors de son showcase, c’était formidable ! Je suis sur qu’après cela, elle a eu des contacts.

Le troisième point, c’est l’appui professionnel des hommes de médias. J’ai toujours dis aux journalistes d’éviter rapidement de dire aux artistes qu’ils sont des stars ou des vedettes mondiales alors qu’ils ne sont qu’à leur début. Un artiste qui est à son premier album ou sa première expérience, on le traite déjà d’étoile, après l’étoile qu’est qu’il y a d’autres ? Mettez à la tête des artistes que le chemin est encore loin. Quand vous dites par exemple «la diva » vous la mettez sur un piédestal ou un chapiteau qui ne lui permettra plus de travailler. Elle va se contenter de ses qualificatifs pour stagner. Il faudrait que nous sensibilisons cet environnement médiatique pour, par exemple affirmer que Floby est un grand artiste, mais le Burkina c’est bon, il faut qu’il sorte. Donc ayez le courage de dire aux artistes qu’ils doivent faire ci ou ça !

Propos recueillis par Jabbar envoyé spécial à Bamako

 


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