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Musique burkinabè : Le Prixme dédicace son EP « Étranger »

L’artiste Burkinabè Assane OUÉDRAOGO, alias Le Prixme, a procédé à la présentation au public de son tout premier EP intitulé « ÉTRANGER ». La cérémonie s’est tenue ce dimanche 21 juin 2026 à Ouagadougou. l’artiste a travers ce EP propose une introspection musicale à travers quatre titres mêlant poésie, rap et slam. La cérémonie a été ponctuée par la présentation des titres, prestation live de l’artiste et vente de l’EP en format clé USB et disque.

L’artiste Burkinabé Prixme, à l’état civil Assane OUEDRAOGO, répond au question de la presse

Né en Côte d’Ivoire de parents burkinabè, Assane OUÉDRAOGO s’est forgé une identité artistique à cheval entre plusieurs cultures, une réalité qu’il traduit aujourd’hui en notes et en mots sous le nom de scène Le Prixme. Son premier projet discographique, l’EP « ÉTRANGER », composé de quatre titres, illustre précisément ce positionnement singulier : celui d’un homme qui se perçoit lui-même comme un étranger dans sa propre existence.

L’EP « ÉTRANGER » est le fruit d’une longue période de recueillement. L’artiste lui-même l’affirme sans détour :« Étranger est le fruit d’un moment de silence, de travail, de construction. »

Quatre titres composent ce projet : Étranger, J’ai voulu faire la poésie, Mot et J’écris. Des titres aux accents introspectifs qui dessinent la carte intime d’un artiste en quête de lui-même, mais aussi soucieux de résonner avec les préoccupations de sa génération. Révolution, pression du quotidien, doutes, espoir : autant de thématiques que Le Prixme aborde avec une plume assumée et une voix singulière.

Le Prixme en prestation lors de sa dédicace


Si l’EP porte un titre à résonance personnelle, son message dépasse largement la sphère individuelle. Le Prixme y défend une vision affirmée de l’identité africaine :
« Dans ma propre vie, je suis comme un simple étranger. L’EP ÉTRANGER est un projet un peu plus personnel, qui parle de moi-même et qui parle aussi des valeurs et de la culture que chaque Africain doit incarner. »

Pour l’artiste, les différences qui font de chacun un être à part ne doivent pas être vécues comme des handicaps, mais comme des leviers d’affirmation :« Nos différences au sein de cette société ne doivent pas être un défaut, mais plutôt une force. Ça doit être un moyen de pouvoir se promouvoir au sein de cette société. » Une philosophie qui rappelle, dans son essence, les grands noms de la pensée panafricaniste, mais déclinée ici avec la langue de la rue, du quotidien, et de la scène musicale contemporaine.

Ce qui distingue Le Prixme dans le paysage musical burkinabè, c’est sa revendication poétique. Là où d’autres choisissent un genre et s’y tiennent, lui construit son univers depuis la page blanche : « Ce que je fais, c’est de la poésie. Et moi je considère que la poésie c’est la mère de toute écriture. Cela me donne le plein pouvoir d’aller sur tous les styles. »

C’est pourquoi « ÉTRANGER » fusionne rap, slam et spoken word sans que ces frontières ne semblent jamais forcées. L’artiste cite parmi ses influences Smarty et Youssoupha, deux figures du rap francophone engagé, dont il s’approprie la profondeur thématique tout en affirmant une voix propre. Il assume également une part d’ombre dans sa démarche artistique, à l’image de ce que prônait le rappeur américain Nas, figure souvent citée dans les cercles du rap conscient : « Avant de pouvoir changer le monde, il faut d’abord changer soi-même. Donc j’essaie d’écrire mes défauts, mes vices dans cet EP. »


Cette dédicace n’est que le point de départ d’une aventure artistique qui s’annonce ambitieuse. Le Prixme le dit clairement : l’objectif n’est pas de séduire, mais d’impacter .
« Cette sortie n’est que le départ. L’objectif principal, c’est d’impacter cette société au maximum. »

Le titre clipé « Étranger » est déjà disponible sur le compte YouTube de l’artiste, offrant au public une première fenêtre visuelle sur son univers. L’EP, lui, est disponible en format USB au prix de 5 000 FCFA l’unité, au contact 07 34 52 68.

 

Par Souleymane Fofana

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