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ROLBY : Détenu, il voit son rêve de devenir artiste se réaliser en prison


En cette matinée du 4 septembre 2018, nous avons trouvé Rolby, à l’état à civil Tapsoba Roland, détenu à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), entouré d’une dizaine d’autres détenus. Vêtu d’un tee-shirt jaune et d’un pantalon bleu, il portait des sandales communément appelées « Tapettes ». Dans ses bras, il y avait une guitare. Un instrument de musique avec lequel il semblait être familier.

« C’est lui notre artiste », a d’emblée lancé Freeman Tapily, cet autre artiste qui déniche des talents dans l’univers carcéral burkinabè. Promoteur du festival « Un vent de liberté » qui se tient dans les prisons du Burkina, Freeman Tapily est également celui qui pilote le projet d’enregistrement et de production des artistes musiciens détenus. Subventionné par le Bureau burkinabè des droits d’auteurs (BBDA), ce projet en plus, de révéler les talents musicaux dans l’univers carcéral donne la chance aux prisonniers d’enregistrer et de produire leur premier album. A la MACO, lors des auditions, ils étaient 9 détenus en compétition pour espérer arracher la première place et bénéficier de l’accompagnement du BBDA. A l’arrivée, c’est Rolby  qui était en tête. C’est pourquoi, c’est lui qui est concerné par l’enregistrement qui a lieu ce 4 septembre.

Ibrahim Keita (à droite) et Freeman Tapily (en blanc) procédant à l’enregistrement de l’album

Détendu, notre artiste continuait à jouer sa guitare pendant que l’équipe de Freeman Tapily déployait son matériel d’enregistrement. Parmi elle, le célèbre Ibrahim Kéïta du studio BK Prod, un producteur adoubé dans le showbiz burkinabè et Dramane Gnessi de Drascojah Filmz, lui aussi, renommé dans la réalisation des clips. Ce premier jour d’enregistrement il fallait amener l’artiste à chanter juste à synchroniser avec le fond musical. Et ce n’est que la première étape. Sous l’assistance des professionnels, lentement mais sûrement, Rolby va sortir depuis, sa cellule de la MACO, son premier album.

Dezy Frank a fait les chœurs de l’album

« J’ai toujours rêvé de faire la musique et de sortir un album mais j’étais loin d’imaginer que cette opportunité viendra me trouver en prison », lance-t-il quand nous lui avons  tendons le micro. Mais, au-delà de réaliser son rêve, Rolby veut par cet album dire merci à tous ceux qui l’ont soutenu pendant qu’il traversait des moments pénibles notamment, à sa mère. « Dans ma condition de détenu, elle est restée toujours près de moi. Je lui ai donc dédié le premier morceau et je profite également lui dire que la souffrance est finie », nous explique l’artiste, la voix emprunte d’émotions. En plus de dire merci, Rolby chante l’amour et le travail dans des rythmes croisés qui sans doute feront danser les mélomanes.

Le DG du BBDA, Walib Bara (en veste) est venu soutenir l’initiative à la MACO. On reconnait à ses côtés le commissaire général des Marley d’or Madess (en casquette) et Freeman Tapily

Aussi, nous confie-t-il, quand il sera libre, il continuera à faire de la musique. Mieux, il compte en faire son métier de réinsertion. C’est pourquoi il a salué l’initiative du BBDA qui veut que les détenus puissent s’occuper sainement après leur libération. « Mon souhait est que ce projet soit pérenne afin que d’autres détenus puissent en bénéficier », espère Rolby. D’ailleurs, pour cette année 2018, en plus de lui, Freeman Tapily et son équipe ont déjà coaché un autre détenu à la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso. Et, comme le veut le projet, selon Freeman Tapily, les deux artistes bénéficieront chacun d’un accompagnement pour l’enregistrement de 4 morceaux, d’un clip vidéo et de 100 CD. Les deux albums sortiront, dit-il également, en même temps dans les prochains mois. En attendant, Freeman Tapily a tenu à remercier le BBDA pour cette initiative et tous les artistes qui soutiennent d’une manière ou d’une autre le projet.  Et pour accompagner les acteurs qui sont sur le terrain, le directeur du BBDA, Walib Bara, s’est rendu à la MACO dans la mi-journée du 4 septembre.

Adama SIGUE


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