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18 November 2018

SIAO 2018 : Des exposants déplorent que les frites, poulets prennent le dessus sur l’art

Depuis le 26 octobre 2018 le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou bat son plein dans la capitale du pays des hommes intègres. Le matin à partir de 9h le site brouille déjà de monde avec des exposants et des visiteurs venus des quatre coins de la terre. Hier 2 novembre 2018, nous avons fait le tour des stands d’exposition pour recueillir les avis des exposants sur cette 15e édition de la fête de l’artisanat. La plupart des gens que nous avons interrogé apprécie positivement le dispositif sécuritaire et l’aspect organisationnel du SIAO 2018 même si la clientèle se fait de plus en plus rare. Lisez plutôt

 

Dahani Issaka de la structure Burkina énergie et technologies appropriées

 

« Je déplore que l’aspect nourriture prenne le dessus sur l’art »

Au niveau de notre stand nous exposons des produits solaires principalement les lampes. Ces lampes sont certifiées par le programme lighting Global de la banque mondiale avec deux ans de garanties. Elles sont antichocs et résistent à la poussière et à la pluie. Les batteries qui sortent avec ces lampes ont une durée moyenne de vie de 5 ans. Depuis le début du SIAO il y a vraiment de l’engouement autour de notre stand il ya eu beaucoup d’achats je peux estimer le nombre de visiteurs à 4000 à 5000. Nos produits sont subventionnés par l’entreprise sociale Allemande Little Sun ce qui fait qu’a partir de 4700FCFA vous pouvez avoir une lampe simple avec les deux ans de garantie. La lampe la plus chère coute 22 000FCFA. Elle vous permet de charger vos téléphones portables et son autonomie varie de 12  à 155 h. Parlant de l’organisation du SIAO 2018, je déplore le fait que l’aspect nourriture prenne le dessus sur les autres expositions. Les frites poulets et autres ne devaient pas être au premier plan à tel point que les visiteurs regardent seulement les produits et repartent manger. Sur le plan sécuritaire je trouve que le comité d’organisation a fait beaucoup d’effort il n y a pas d’anarchie.

 

Zoure Sylvestre représentant de l’entreprise de transformation agroalimentaire Josa Spice

 

« Je ne suis pas encore satisfait de l’engouement »

Josa Spice expose à cette 15e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou, du vinaigre, de l’eau de javel, de la patate d’arachide, du poivre blanc et noir, de la poudre de Baobab, du sésame, du gombo, du soumabala, des légumes frais, bref plusieurs produits destinés à l’alimentation et à l’hygiène familiale fabriqués de A à Z au Burkina. Depuis le début du SIAO les clients  viennent  au compte  goutte. Je ne suis pas encore satisfait de l’engouement autour de mon stand. J’espère que dans les jours à venir, le weekend, les choses vont s’améliorer. Les produits que j’expose vont de 600 FCFA à 3000FCFA. L’organisation du SIAO de cette année est impeccable sauf que nous ne pouvons pas nous balader avec nos produits sur le site de la foire de peur que la police municipale les retire. Sur le plan sécuritaire il n y a  rien à signaler nous sommes bien en sécurité.

Boubacar Issa Exposant venu du Niger

« J’apprécie le dispositif sécuritaire »

Dans mon stand vous pouvez trouver des bijoux de l’ethnie nomade appelés les Bororos. Je suis spécialisé dans la vente des perles et bijoux de cette ethnie du Niger. J’expose aussi des pagnes Sarma, du nom d’une ethnie d’éleveurs du Niger. La plupart des visiteurs qui viennent à moi demandent le prix de mes produits et me promettent de revenir. Certains reviennent acheter mais d’autres non. C’est toujours comme ça dans toutes les foires. Avec 1000 FCFA ou 2000 FCFA le client peut repartir avec un bijou ou une perle Bororo. Les pagnes Sarma quant à eux s’élèvent à 40 000 FCFA ou 45 000 FCFA.  J’apprécie le dispositif sécuritaire ici au SIAO. Mais avant-hier j’ai remarqué qu’un policier avait laissé passer un petit enfant sans l’avoir fouillé. Je trouve que ce n’est pas normal parce que n’importe qui, grand ou petit peut être source de danger en ces temps de terrorisme. J’ai vu au Nigeria de petits enfants qui sont des kamikazes. J’aimerais qu’on contrôle tout le monde. J’invite le public à ne pas se plaindre des multiples fouilles et contrôles à l’entrée du SIAO. Les policiers sont là pour notre sécurité.

Afidegnon K Guy cordonnier Togolais.

« Il y a trop de poussière qui… »

Au SIAO 2018 j’ai amené des chaussures de fabrication artisanale. Vous pouvez trouver ici des chaussures en peau de crocodile, d’iguane etc. Il ya des souliers des babouches et des tapettes. Les gens qui visitent mon stand apprécient mon travail et achètent un peu aussi. Mon seul problème ici est que les forces de l’ordre demandent souvent de fermer le portail qui me sert d’aération ce qui fait que je suffoque à l’intérieur parce qu’il fait très chaud actuellement. Il y a aussi le problème de la poussière au sein de notre pavillon qui nous donne la toux. Je suis un artisan qui vole de ses propres ailes donc je n’ai pas les moyens pour occuper un stand au niveau du pavillon climatisé. Je trouve aussi qu’il y a beaucoup de fouilles avant d’accéder au site ce qui fait que certains visiteurs s’énervent et repartent chez  eux. Cet état de faits n’est pas de nature à favoriser notre business. J’invite le public a toujours participer au SIAO.  Hormis cela je suis en sécurité dans mon stand.

Albert Ayemewoe consultant aux ports du Ghana

« Le SIAO 2018 ne draine pas assez de monde comme les éditions précédentes »

Les ports de Tema et de Takoradi ont toujours participé au SIAO parce que ce salon est une plateforme qui nous permet de rencontrer pas mal de clients potentiels et actuels. Le port du Ghana,  c’est la fiabilité c’est la sécurité des cargaisons en transit. Chaque deux ans nous sommes au SIAO pour montrer nos innovations. Au titre des innovations il ya l’injection de trois milliards de dollars dans l’extension du port de Tema par la banque mondiale. En plus de cela, les ports du Ghana ont mis en place un guichet unique pour tous les marchandises en transit. Avec le port de Tema il y a un système GPS qui suit la cargaison depuis le port jusqu’à la frontière. Enfin il n ya  plus de tracasseries douanières, tous les postes de contrôle ont été enlevés pour permettre la libre circulation de la marchandise. Comparé à l’édition passée, le SIAO 2018 ne draine pas assez de monde. Je pense que cela dépend aussi du contexte sécuritaire fragile dans lequel le Burkina est plongé. L’organisation n’est pas aussi au top, il y’a eu des problèmes de badges de macarons et même de véhicules mais cela n’enlève rien à ce qui a déjà été fait.

Propos recueillis par Sougrinoma Ismaël GANSORE

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