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Soko Festival 2020: Le Directeur de l’Institut français explique le choix des groupes lauréats….


Débutée le 9 janvier à l’Institut français de Ouagadougou, la 5e édition du Soko festival a refermé ses portes le 12 janvier au village du festival qui était installé à Tampouy dans l’arrondissement 3.  La particularité de ce festival est l’offre de scènes en France à deux groupes d’artistes. Ce 17 janvier, une équipe de Afriyelba, partenaire média du festival,  a été reçue par Patrick Hauguel, Directeur de l’Institut français dans son bureau pour la proclamation des résultats. Mais bien avant, il a expliqué les critères qui ont prévalu au choix des groupes lauréats et a dit sa satisfaction quant au bon déroulement de la manifestation. Lisez

Afriyelba : C’en est fini pour la 5e édition du SOKO festival qui s’est ouverte dans votre Institut. Etes vous satisfait de son déroulement?

Patrick Hauguel : je suis entièrement satisfait parce que je crois que c’est une belle édition. La programmation a pu être anticipée longtemps à l’avance. Nous avons aussi eu des artistes de qualité, jeunes comme d’autres qui sont beaucoup plus expérimentés. Cet ensemble a constitué à mon avis, la meilleure édition du SOKO festival depuis sa création en entendant celle de l’année prochaine.

Ibrahim Keita est le promoteur de Soko Festival

Justement, c’est la deuxième fois que vous recevez le festival au sein de l’institut français. Quelles sont les raisons qui vous emmènent à recevoir cet évènement ?

J’ai décidé de recevoir ce festival totalement à l’institut français parce que nous avons lancé un programme de travail avec Ibrahima Keita le responsable du festival et la ville de Belfort et en particulier le Festival International de Musique Universitaire de Belfort (FIMU)pour accompagner les artistes au-delà du festival. Tout l’intérêt de ce festival à côté des moments de plaisir que nous avons passés ensemble, à écouter de la musique, à partager des émotions, est que les artistes sont accompagnés au-delà du festival et certains auront la possibilité de faire une petite tournée en France.

Si ce n’est pas secret, qui sont les artistes qui sont sélectionnés pour la tournée ?

Le Directeur de l’Institut français, prononçant son mot à la cérémonie d’ouverture de SOKO Festival

Tout d’abord, ça été difficile de choisir, je parlais tantôt de la qualité des artistes, il y a eu 17 groupes programmés. On a alors réuni un jury de professionnels du Burkina et de la France. Il y a eu aussi les directeurs et les programmateurs des salles qui sont partenaires du SOKO festival qui ont aussi donné leur avis sur la programmation. Alors, le résultat a été une synthèse entre la jeunesse, l’extrême jeunesse et l’expérience. C’est aussi une synthèse entre les propositions modernes de jeu et les traditions du Burkina puisque cette année, vous avez dû découvrir que nous avons un groupe issu de la musique traditionnelle.

Quels sont les critères qui ont prévalu ?

Il y avait cinq principaux critères qui étaient : la qualité instrumentale, la qualité vocale des groupes, l’originalité de la proposition pour voir si ça sort de l’ordinaire, le sérieux de la proposition pour voir l’organisation et la présence scénique. Ce dernier critère était important pour aider les groupes à progresser et c’est un plus en terme d’animation de la scène devant le public.

Quel est le résultat final ?

Nous avons sélectionné deux groupes. Un premier groupe qui va s’exprimer lors du FIMU à Belfort en juin 2020 avec plusieurs moments de jeu pendant ce festival et ce groupe Kouwelougou Baleribie qui est composé de femmes de la région Kassena et qui a une proposition tout à fait étonnante pas pour les burkinabés, mais pour les français qui ont découvert ce groupe à la fois en chant, en danse, en instruments de percussion pendant leur programmation ici au SOKO festival. C’est d’ailleurs elles qui ont ouvert le festival cette année. Le deuxième groupe c’est un véritable coup de cœur de tous les programmateurs, un trio de trois frères, Sina, Kienou et Badenya. C’est intéressant parce que finalement la fragilité qui peut rester sur cette proposition, qui demande encore à être travaillé et ça va aussi être l’un des enjeux d’accompagnement de Soko. La proposition qui a toujours un peu de fragilité a ému tout le monde parce qu’ils ont entre 14, 17 et 20 ans. On s’est tous mis d’accord sur ce groupe et ces jeunes iront en résidence de travail en France pour améliorer leur spectacle et ensuite ils feront une tournée de 5 à 7 dates qui est en train d’être préparée petit à petit  en France et également dans un festival de Suisse comme me l’a appris Ibrahima Keita en juin 2020.

En image ici le groupe Kouwelougou Baleribie, l’un des groupes lauréats

Comme point important de l’accompagnement qui est réalisé entre les partenaires de Belfort et le SOKO est que le groupe coup de cœur c’est-à-dire Kina, Kienou et Badeya va être accompagné financièrement pour enregistrer quelques titres ou même leur premier album.

Quelles sont vos perspectives pour la prochaine édition ?

A la prochaine édition, nous comptons améliorer l’accompagnement de certains artistes qui se produisent au SOKO soit en terme de formation en amont du festival, pendant le festival et après. Notre ambition pourrait également être d’avoir la présence d’un artiste à dimension internationale qui sera la figure de proue du festival en 2021.

Quelles sont les opportunités que l’institut français offre aux artistes ?

La 5e édition a été parrainée par Etienne Minoungou

On essaye de faire deux choses, la première c’est de diffuser un certain nombre d’artistes et de permettre à tout le monde de découvrir des spectacles à l’institut français. On pense que les artistes se nourrissent de connaissance, d’expériences et de ce qu’ils peuvent voir et entendre. L’aspect diffusion est donc important. Le deuxième aspect c’est l’accompagnement de ces artistes chaque fois que cela est possible par des formations, des spectacles en lien avec des festivals comme le SOKO afin de permettre aux artistes, aux régisseurs de son, aux administrateurs culturels que nous formons  d’avoir une action sur l’ensemble de la filiale.

Quel est votre dernier mot ?

L’institut français c’est le lieu de tous, c’est le lieu des rencontres. On peut y voir des artistes se produire en théâtre, en danse et en musique. On peut aussi suivre des cours de français, lire des livres à la médiathèque, s’informer sur le monde et ouvrir ses horizons. J’ai donc envie de dire que c’est notre maison avec des fenêtres très grandes ouvertes sur le monde. Cet institut n’a de lieu d’être que parce que les burkinabés y viennent.

Propos recueillis par Yannick SANKARA


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