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L’institut français de Ouagadougou saccagé : les acteurs culturels et les journalistes font le constat.


Lors des évènements du coup d’État du 30 septembre 2022, les manifestants ont saccagé les instituts français de Ouagadougou et de Bobo Dioulasso, revendiquant le départ la France du sol burkinabè. Les hommes de médias ont été réunis ce mercredi 12 octobre 2022 pour faire le constat des dégâts à l’institut français de Ouagadougou.

Le visage de la bibliothèque de l’institut français de Ouagadougou après le passage des manifestants.

L’institut français est un organe majeur de la coopération culturelle. Il participe à la promotion de la langue française, des échanges artistiques et au dialogue culturel franco-burkinabè. Le mercredi 12 octobre, les hommes de médias et les acteurs culturels ont été conviés à constater les dégâts causés par les manifestants depuis le 30 septembre 2022. Une fois sur les lieux, nous avons pu constater dès l’entrée, des brisures des portes et des fenêtres avec à nos pieds, les éclaboussures des verres de vitres. « Les bâtiments qui ont été touchés sont la médiathèque adulte, la médiathèque enfant, le centre de langues, l’espace jeunesse, la grande salle d’exposition , la salle de spectacle, la salle de cinéma. Celui qui a le plus été touché est le poste de sécurité », nous relate Pierre Müler, Directeur général de l’institut .

Pierre Müler, Directeur de l’institut français de Ouagadougou.

Nous avons pu voir que campus France a aussi été touché et les dossiers des étudiants brûlés.
D’après le régisseur général de l’institut , Thierry Bambara, des appareils et instruments de musique ont aussi été brûlés. « La bibliothèque adulte, le bas et le haut ont été touchés. Le centre de langue  a été saccagé de même que campus France. Ils ont mis du feu sur tous les dossiers des étudiants qui se retrouvent là-bas. Tous les ordinateurs ont été emportés ou brûlés. Ils ont saccagé le Petit Meliès, la salle de ciné» a-t-il laissé entendre.

Les hommes de médias et les acteurs culturels sur les lieux.

Le saccage de l’institut français reste une grosse perte pour les promoteurs culturels. <<Je trouve ça désolant, qu’on soit pro-russe où anti-russe, qu’on soit pro-français ou anti-français. Le CCF a été et est pour le Burkina Faso un symbole. Le Fespaco est né ici. Ouaga Hip-Hop est né ici, Jazz à Ouaga est né ici. On est combien d’étudiants à être venu ici, dans cette bibliothèque, pour pouvoir faire nos travaux d’études et de recherche. Donc moi, je trouve vraiment que nous nous trompons de lutte », nous raconte Salif Sanfo, président de la plateforme des promoteurs culturels.

Pour l’heure aucun bilan n’a encore été fait sur l’état des lieux et les pertes enregistrées. Nous repartons donc laissant, un espace vidé de son monde habituel.

Ginna Kiz


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