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 »Épines du Sahel » ou la vie dramatique d’une jeune fille victime du terrorisme.


Le réalisateur burkinabè Aboubacar Diallo a présenté ce lundi 27 février son dernier long métrage intitulé  »Epines du sahel » au ciné Nerwaya. Lui qui a l’habitude de proposer des films comiques a décidé pour cette fois d’aborder un sujet sérieux, le terrorismes. Stigmatisation, règlement de compte, famine, violence de tout genre sont à retrouver dans ce film de 92 minutes qui essaie de trouver les causes de l’insécurité et les remèdes possible à ce mal. Warda Djamila Barry, Khaleb Kant, Adama Pamtaba sont entre autre les acteurs qui ont joué avec maestria dans ce film qui connait un dénouement tragique.

Le réalisateur Aboubacar Diallo a présenté les acteurs principaux du film à la fin de la projection.

L’essentiel du film se déroule dans un camp de réfugiés en plein coeur du Sahel. Naima, une jeune infirmière bénévole s’est engagé dans ce camp situé dans sa localité d’origine dans l’espoir de retrouver son frère ainé, seul rescapé des massacres perpétrés par les groupes armés sur sa famille. Elle s’érigera très vite en défenseur des droits des femmes qui sont l’objet de divers abus. Elle fera plusieurs rencontres, mais la plus déterminante est celle avec le responsable des militaires qui patrouillent pour sécuriser le camp des déplacés. Alors qu’elle soignait une blessure par balle de ce dernier, ils tombent amoureux l’un de l’autre, eux qui pourtant avait eu des prises de becs à leur première rencontre. Elle finira par retrouver son frère qui malheureusement s’est enrôlé avec les groupes armés terroristes. On retrouve également dans ce film Babou, le chef de la police et Béchir un éleveur. Le premier étant bobo et le second peulh, il se taquineront tout au long du film au nom de la parenté à plaisanterie. Béchir se fera malheureusement assassiné par Saïd, alors qu’il avait surpris le dernier entrain de donner des informations aux GAT. Naima qui par appel vidéo racontait à sa mère adoptive toute sa joie d’avoir retrouvé son frère le perdra cette fois pour de bon, car il sera tué dans une attaque sur sa base pour libérer des otages que lui et ses complices avait kidnappé. Les malheurs de Naïma ne s’arrêtent pas là car elle prendra son nouvel amoureux, victime d’une attaque à la mine alors qu’il rentrait à la fin de sa mission.

L’actrice principale Naïma apprenant à lire à Coumbo, une petite orpheline comme elle.

Nous retenons de ce film la dénonciation de la stigmatisation de certaines personnes, juste parce qu’ils ont des parents parmi les GAT. Il y’a également une dénonciation de l’impunité suite aux exactions dont certaines communautés sont victimes, toute chose qui pourrait engendrer plus tard des règlements de compte. Le film met également en lumière le sacrifice consenti par nos forces de défense et de sécurité afin de sécuriser les jeunes les plus dangereuses du pays. On y retrouve également une belle collaboration entre militaires et policiers, qui travaillent en synergie pour sécuriser le camp. Nous avons assisté un accouchement dans le camp, qui avec l’histoire d’amour que vivent Naïma et le lieutenant montrent qu’au milieu de la guerre il y’a toujours de la vie et des sentiments positifs.
Nous déplorons malheureusement quelques incohérences dans le scénario. Si l’histoire est bien belle entre le militaire et l’infirmière il est incohérent de voir un FDS blessé resté dans une zone rouge pour ses soins et sa convalescence. Aussi nous avons vu des militaires faire une patrouille dans un seul véhicule dans une zone rouge. C’est pratiquement une mission suicide dans à haut risque.Nous avons également assister à une tentative d’empoisonnement perpétrée par une fillette et on se demande où elle pu trouver du poison du cet environnement.
La film finit sur une note négative.
La fin du film est marqué par un attentat à la mine qui semble avoir tué le lieutenant et ses hommes qui étaient le gage de sécurité du camp. La mort de ces hommes qui représentent les espoirs de survie, avec à leur tête celui qui représente un nouveau départ pour l’actrice principale qui a tant souffert boucle le film sur une note négative. Les victimes du terrorisme sont-ils condamné dans cette spirale de violence sans issue ? Le cinéma au delà de dépeindre une certaine réalité ne doit-il pas donner de l’espoir ?
Nous félicitations tout de même Aboubacar Diallo qui a décidé de pencher sur un sujet très sensible et de d’aborder sans langue de bois des aspects délicats de la crise sécuritaire. Nous vous invitons à aller ce film dans lequel les acteurs ont proposé un jeu d’acteur impeccable.

Par Wend Kouni.


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