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Mentora 2026 : Le CERPHOB dévoile les prémices d’une photographie d’auteur engagée

Le Cercle des photographes du Burkina (CERPHOB) a franchi une étape clé de son programme de formation ce vendredi 16 janvier 2026. L’organisation a présenté au public les ébauches artistiques des stagiaires de la 4e cohorte du programme de mentorat en photographie d’auteur. Cette rencontre a été rythmée par les allocutions des responsables, une présentation des œuvres en cours de finalisation et des échanges à bâton rompu avec le public.

Adrien Bitibali, président du CERPHOB, et par ailleurs directeur de la biennale de photographie du Burkina Photosa.

Depuis son lancement en 2021, le programme de mentorat du CERPHOB s’est donné pour mission d’initier les jeunes talents locaux à la photographie d’auteur. Pour Adrien Bitibaly, formateur et président du CERPHOB, l’enjeu est de taille : accompagner l’émergence de professionnels capables de construire une véritable carrière artistique.

Le président du CERPHOB, et par ailleurs directeur de la biennale de photographie du Burkina Photosa, souligne que « l’image est un champ de bataille pour l’identité ». Il insiste sur la nécessité pour la jeunesse burkinabè de documenter son propre quotidien et l’histoire de son pays, évitant ainsi que ce récit ne soit porté exclusivement par des regards extérieur.

De façon substantielle, ce mentorat de sept mois transforme des passionnés en auteurs conscients de leur rôle social. Actuellement, une dizaine de jeunes, dont trois femmes, explorent des thématiques variées telles que la mémoire historique, la quête spirituelle et la résilience écologique.

Cette édition 2026 du programme s’articule autour de plusieurs phases. Il s’agit d’entame de l’etape théorie et esthétique : une semaine consacrée aux fondamentaux de la photographie d’auteur et à l’analyse d’images. Ensuite l’étape pratique et méthodologie : une semaine dédiée à l’élaboration de projets photographiques et à la constitution de dossiers artistiques. Et enfin l’étape production et suivi : une phase de mise en œuvre où chaque stagiaire bénéficie d’un coaching individuel, en ligne et en présentiel, pour affiner sa démarche de création.

Au total, une dizaine de jeunes, dont trois femmes, prennent part à cette édition du mentorat. Quand au nombre réduit de candidature féminine le promoteur exprime son regret«L’objectif, comme chaque édition, c’était de retenir cinq filles et cinq garçons. Parce que la parité m’intéresse beaucoup.

Malheureusement, on a eu beaucoup moins de candidatures de femmes. Et ça, c’est un peu mon regret.»

Christian ZAONGO, bénéficiaires en séance de présentation de ces ebauches

Parmi les bénéficiaires de cette 4è cohorte, Christian ZAONGO se distingue par une démarche où la photographie devient un outil de conservation patrimoniale. Photographe freelance depuis 2018, il a trouvé dans le mentorat l’opportunité de passer de l’image commerciale à l’image habitée. Son projet est un hommage à Wemtenga, quartier historique et cœur battant de la biennale Photosa.

« Ce projet est né d’une promesse faite au chef de Wemtenga, le Wemnaaba Ligdi : celle de documenter le quartier en signe de redevabilité », confie-t-il. Mais au fil de ses recherches, Christian a découvert une mission plus profonde : celle de corriger une blessure sémantique. Son travail se concentre sur la figure du Wemba.

« J’ai appris que Wemba ne veut pas dire la « femme divorcée », comme on l’entend souvent. Cela signifie « Médiateur ». C’est une institution qui existe depuis les années 1082 », explique Christian avec ferveur. Pour lui, photographier le Wemba, c’est capturer l’essence d’une diplomatie ancestrale qui a survécu aux siècles.

Son défi est immense : rendre visible l’invisible, transformer une fonction sociale en une œuvre visuelle saisissante d’ici le 30 juin, date d’ouverture d’exposition des travaux finaux des mentorés. « Entre le travail et la production pour ce projet, ce ne sera pas une mince affaire, mais nous avons foi », conclut-il.  

À en croire Adrien Bitibaly, la particularité de cette édition est la tenue d’une exposition collective de restitution à l’issue des sept mois de formation. Cette exposition, prévue pour une durée d’un mois, offrira l’opportunité aux différents jeunes mentorés de montrer leurs créations photographiques. L’ouverture de l’exposition des résultats de la 4è cohorte sont attendus pour le 30 juin 2026 à Ouagadougou.

En rappel ce programme de mentorat est financé par le Fonds de développement culturel et touristique (FDCT) et la Coopération Suisse dans le cadre du premier appel à projets du Programme d’appui au développement des industries créatives (PADIC).

 

Par Souleymane Fofana

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