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13 December 2018

NABALUM: Ses débuts, sa rencontre avec Alif Naaba, sa carrière et ses projets: Interview

Au Burkina Faso, les jeunes artistes musiciens ont du talent et montent en herbe. Ils sont devenus, à l’instar de leurs aînés, de véritables ambassadeurs de la culture burkinabè. C’est le cas de la jeune chanteuse connue sous le nom de Nabaloum qui a raflé déjà 3 trophées en 2017 : lauréate de visa pour la création de l’Institut Français, artiste de la révélation de l’année 2017 à la dernière édition des Kundé et détentrice du « prix spécial de l’ambassadeur du Maroc » au FAMA. Tous ces lauriers ont été remportés grâce au fruit du travail artistique avec le célèbre Alife Naaba, son producteur qui l’a formée dans la « Cour du Naaba ». Sur place, nous l’avons rencontrée en pleine répétition, le samedi 13 mai 2017. Elle nous a parlé de sa motivation à faire la musique, de son expérience et d’autres sujets d’actualité.

Nabalum, une voix sûre de la musique africaine

Afriyelba : Qu’est-ce qui t’ a amené à la musique ?

Nabaloum : J’ai toujours fait la musique tant bien même je ne viens pas d’une famille de musiciens. Au départ, je pouvais passer le temps à chanter toute la journée à la maison et avec le temps, j’ai commencé à apprendre en écoutant des artistes, à rêver, à vouloir en faire un métier. Ainsi, j’ai participé à pas mal de concours de chants. Du reste, c’est lors d’un concours de chant que mon producteur m’a remarquée et a bien voulu travailler avec moi. Je suis née en Côte d’Ivoire, j’ai grandi là-bas, j’ai participé à un concours de chant là-bas qui passait sur la première chaine de télévision ivoirienne. Alif Naaba qui a suivi cette chaîne a pu voir et a trouvé qu’il pouvait faire quelque chose sur ma voix. Il m’a contacté et les choses sont parties.

As-tu déjà un album disponible sur le marché ?

Nabalum a été sacrée kundé de la Révélation 2017

J’ai un EP sur le marché qui est une sorte d’album. Quand on sort un EP, c’est en prélude à un album. Mon EP est composé de 5 titres. En tant que citoyenne africaine, je chante de choses qui touchent à la jeunesse. En tant que femme, je parle de choses que les femmes traversent, des situations dont on ne parle pas parce qu’il y a des choses qui sont taboues en Afrique. C’est ce que j’essaie d’aborder dans mes chansons.

Quels sont les messages véhiculés à travers les thèmes abordés dans vos chansons ?

Il y a par exemple une chanson appelée « wili » qui veut dire « lèves-toi » pour inviter toute la jeunesse de ne pas avoir peur d’oser. Il y a des gens qui vont toujours te dire que tu rêves trop mais, il n’y a pas de rêve qui est plus grand pour qui que ce soit.  Tout le monde a le droit de rêver autant qu’il veut et aussi loin qu’il le désire.  C’est pour dire que c’est à chacun de se lever pour réaliser son rêve. Il y a aussi le titre « Myamè » qui est la chanson phare en quelque sorte, qui signifie en mooré que « je suis fatigué ». Ce n’est pas une chanson que l’on doit prendre dans le sens propre. C’est-à-dire quelqu’un qui fait des efforts, qui a envie d’aller loin pour pouvoir réaliser ses rêves mais qui, dans le coup, ne sait pas pourquoi, ni ce qui se passe. Quand c’est comme-ça, il ne faut pas baisser les bras, il faut continuer à travailler, tout ce fait naturellement. Il y a aussi, un titre « Pagnitam » ou « les larmes d’une femme » qui parle de cette femme pouvant se trouver en Côte d’Ivoire, en Afrique ou ailleurs, qui n’est pas mariée, qui n’a pas d’enfant mais qui est jugée par la société. On sait bien que quand une femme est seule, elle est stigmatisée en Afrique.

Quelle appréciations fais tu de ta relations de travail avec Alif Naaba ?

Cela fait bientôt 3 ans que j’ai commencé à travailler avec lui. Je suis très heureuse, cela m’a beaucoup apporté. Alif Naaba est une icône, une star africaine et c’est un honneur pour ma petite personne de pouvoir apprendre à ses côtés. Il m’a appris à mieux exploiter ma voix, à savoir ce que je vaux personnellement en tant qu’artiste et il a su me mettre en valeur. Je ne pouvais rêver mieux pour ma carrière.

Que représente pour toi le trophée de la révélation de l’année que tu as reçu lors de la dernière édition des Kundé ?

J’ai accueilli ce trophée avec beaucoup d’émotions et de fierté. Etre la révélation de la musique burkinabè au Kundé est magnifique. Pour ma jeune carrière, c’est le maximum que je pouvais avoir. C’est un honneur pour moi et je me sens grandi, je me sens respectée et mise en valeur dans mon pays. Parque c’est important d’être reconnu dans son pays d’abord, d’être aimé par les gens de chez soi, c’est trop beau.

Quel est le retour qui te parvient des mélomanes concernant votre musique ?

A 90%, le retour est très positif. Les 10%, ce sont les gens qui sont autour de moi, qui me connaissent, qui savent que je peux faire mieux, qui font des critiques mais très constructives sur ce que je peux encore apporter à ma musique et les défis que je peux encore relever. Sinon, l’accueil général est très positif et j’en suis très contente.

As-tu déjà presté à des  concerts ou à d’autres occasions ?

Très joviale

Quand mon EP était sorti à Ouaga, j’étais à Paris puisque j’ai eu la chance d’être lauréate de visa pour la création qui est un dispositif de l’Institut français de Paris. J’ai eu à faire 3 mois à Paris et j’ai fait une résidence sur place pour écrire mon album. Quand je suis rentrée, j’ai eu un bel accueil, j’ai donné un beau spectacle, un concert à l’Institut français à Ouagadougou en septembre 2016. Je me suis produite à d’autres concerts. Puisque c’est du live, ce n’est pas courant pour moi de donner des spectacles qui pour moi doivent être bien organisés, bien ficelés. Et après je suis allée à Rabat au Maroc pour participer à un festival : « visa for musique ». Hormis le kundé, j’ai aussi reçu un prix de l’ambassadeur du Maroc aux FAMA (Faso music Awords).

Quels sont vos projets immédiats ?

C’est déjà mon album à sortir très bientôt. J’ai aussi d’autres spectacles en vue. Pour le moment, je suis dans le bois sacré entrain de bosser pour que mon album soit « nikel » et je compte bien donner quelque chose de beau.

Comment apprécies-tu la musique burkinabè ?

Ce qui est bien, c’est la diversité. Il y a un peu du tout et tout le monde s’y retrouve. J’ai beaucoup de respect pour les artistes burkinabè car je vois comment on bosse. Malheureusement, je trouve que la musique burkinabè n’est pas assez médiatisée et mise en valeur. En plus d’Alif Naaba, j’apprécie beaucoup d’autres artistes parmi lesquels Bill Aka Kora, Joe le Soldat qui fait du rap en mooré, le frère Malcom, Maie Lingani, Awa Mélone, Malicka la Slameuse, Will B Black, Smarty, …la liste est longue.

Quel as-tu message pour les  mélomanes ?

La pépite de la musique africaine ne fait que dans le live

A tous ceux qui me suivent, qui écoutent ma musique, qui m’apprécient, je vous dis merci du fonds du cœur. Je suis sortie comme ça et vous m’avez accueillie à bras ouverts, merci de croire en moi et bientôt, je vous proposerai mon et j’espère qu’il vous plaira. On est ensemble, que Dieu vous bénisse, Barka. Pour terminer je voudrais féliciter et remercier les responsables du site Afriyelba pour les efforts fournis au quotidien afin de tirer vers le haut la culture burkinabè. C’est un site que nous aimons bien et que nous lisons bien. Bon vent à Afriyelba

Entretien réalisé par Saïdou Zoromé

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Comments
  • Elle a un grand avenir dans la musique. Félicitation !

    Mai 17, 2017
  • cool ma star

    Mai 17, 2017
  • Je voudrais ici encourager l’artiste et, l’inviter à plus de travail et à prendre la musique non pas comme une fin en sois mais, comme une destination inconnue dont le chemin est parsemé d’obstacles sociaux, culturels, financiers etc.
    Bon vent et BARKA

    Mai 18, 2017
  • Belle, engagée et décidée. Ajoute l’humilité et la témérité et tu réussiras !

    Mai 23, 2017
  • Courage Pr ce qui est à venir.
    Trop de love Pr toi ❤

    Déc 2, 2018
  • Courage pour le reste à venir.
    Trop de love ❤

    Déc 3, 2018

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