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Balloteli: Itinéraire d’un enfant terrible qui a fini par atteindre l’âge de raison.


Lorsqu’il est arrivé sur la Côte d’Azur, on parlait de lui comme d’un pari risqué. Quelque 45 buts en 63 matchs plus tard, “Super Mario” a retrouvé de sa superbe, et attire de nouveau l’attention des grosses écuries européennes. Itinéraire d’un enfant terrible qui a fini par atteindre l’âge de raison.

 

Vendredi 2 septembre 2016. Jean-Pierre Rivère, tout de bronzage et de sourire vêtu, savoure l’instant. Et pour cause : après trois mois d’intenses tractations, le président de l’OGC Nice est parvenu à boucler le transfert de Mario Balotelli dans les dernières heures du mercato. Devant une salle de presse comble, l’attaquant italien assure le service après-vente. Le projet du club, sa qualité de jeu, l’ambiance familiale : pendant vingt minutes, l’ex de Manchester City égraine gentiment les poncifs.

Très vite néanmoins, le crépitement des appareils photos laisse place à un tombereau de questions. Le garçon a du talent, c’est indéniable. Mais après trois saisons ternes, davantage passées à alimenter les “top 10” consacrés à ses frasques qu’à doper ses stats, le natif de Palerme débarque sur la Côte d’Azur les valises aussi pleines de doutes que de promesses. Pour les observateurs les plus pessimistes, Mario est une belle attraction médiatique, mais son caractère le rend ingérable. A leurs yeux, l’opération relance a toutes les chances de tourner au vinaigre.

Habitué à ressusciter les morts – Hatem Ben Arfa en sait quelque chose -, Rivère affiche, lui, une certaine sérénité quant à sa prise de guerre. Tout comme Lucien Favre, le nouvel entraîneur des Aiglons. Fraîchement arrivé du côté de Charles-Ehrmann, le technicien suisse se met au diapason du boss : “On ne sait pas encore où il en est exactement au niveau physique, on va travailler. On va insister sur les mouvements, les replacements. Pour le reste, son efficacité et son niveau technique ne me font pas de souci. Avec sa bonne volonté, ça se passera très bien.” Bonne pâte, mais pas bonne poire, l’ancien coach de Mönchengladbach conclut toutefois : “Je l’ai prévenu. Je lui ai dit que je ne faisais aucune différence entre les joueurs.

Génie contrariant

Sauf que Balotelli n’est pas un joueur comme les autres. Favre le sait. Mais il sait aussi le prendre. Lui parler, le conseiller, l’encourager quand il le faut, le recadrer si nécessaire. En toute transparence, loyalement. En dépit d’inévitables – mais rares – frictions, le courant passe entre les deux hommes. Et la confiance s’installe. La patience également.

Pour sa première saison en rouge et noir, l’Italien régale en effet autant qu’il agace. Branché sur courant alternatif, il se montre tout aussi capable de planter un doublé pour sa première sortie contre l’OM que de laisser Alassane Pléa courir pour deux les soirs où sa désinvolture prend le dessus. Qu’importe. L’Allianz Riviera s’est trouvée un nouveau super-héros, et Lucien Favre, un n°9 capable de renverser le destin d’une rencontre sur une inspiration soudaine.

A l’issue d’une saison terminée sur le podium de Ligue 1, Balotelli et son génie contrariant achèvent leur premier exercice plein depuis deux ans avec 17 buts et une passe décisive au compteur (pour 28 apparitions). Surtout, l’ex-chouchou des tabloïds anglais a manifesté, match après match, les signes d’une réelle progression dans le jeu. Une tendance qui s’est confirmée lors du présent exercice.

Déviations et tourte de blettes

Amputé de plusieurs cadres lors du mercato estival, décimé par les blessures, le Gym aurait sans doute connu une année bien plus difficile sans Balotelli. Fort heureusement pour la bande à Dante, l’Italien a sorti le bleu de chauffe, au point de finir par porter les Aiglons sur son 1,89m. Toujours aussi létal devant le but – 26 pions inscrits toutes compétitions confondues, meilleur total de sa carrière -, “Super Mario” s’est mué en véritable leader technique d’une formation azuréenne abandonnée par un Jean-Michael Seri aux abonnés absents, et orpheline de Younès Belhanda.

Plus mobile, plus disponible, l’attaquant italien a constamment participé à l’élaboration du jeu, à grands coups de déviations subtiles, de passes extralucides et d’extérieurs du pied délicieux. Cerise sur la tourte de blettes, il a même découvert la signification du mot “pressing”. Résultat : si le Gym peut encore rêver d’Europe aujourd’hui, il le doit en grande partie aux efforts fournis par son attaquant vedette.

Un rêve européen qui pourrait bien se réaliser ce soir, si d’aventure les Niçois parvenaient à décrocher un résultat au Groupama Stadium. Nul doute que pour sa dernière sous le maillot rouge et noir, Balotelli aura à cœur d’offrir la victoire au club qui lui a permis de redevenir un attaquant de classe internationale convoité – Dortmund, Naples ou encore l’OM sont sur les rangs. De quoi donner une dernière fois le sourire à Jean-Pierre Rivère.

Olivier Saretta


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