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Face aux grands rêves du boxeur Mathias Napaongo, la fédération se fait toute petite.


La boxe burkinabè a brillé par moment sur le plan africain. Malgré la pauvreté des infrastructures et la démission quasi-totale des autorités, des boxeurs ont souvent réussi à sortir la tête de l’eau. Aujourd’hui, le porte étendard du sport noble au Burkina est Mathias Napaongo dit  »Fighter » qui tout doucement se fraie un chemin dans la boxe continentale. Mais comme ses prédécesseurs, l’athlète est seul à se battre pour bâtir sa carrière, aidé par des bonnes volontés qui jouent le rôle que refusent d’assumer nos autorités.

Mathias Napaongo recevant sa ceinture HBE du champion d’Afrique super léger après sa victoire au Nigeria.

Après avoir régné deux ans de suite sur la boxe nationale dans la catégorie super léger, Mathias Napaongo a décidé en fin 2021 de franchir un nouveau palier dans sa carrière. Il a été désigné en 2021 meilleur boxeur de l’année par l’Association des journalistes sportifs burkinabè (AJSB). Ses bons résultats sur le plan national lui ouvrent les portes de l’international. Il participe le 29 décembre à la compétition internationale organisée par Héritage boxe Entertainment (HBE) au Nigeria. Il bat le boxeur du pays hôte Miracle Onyema au troisième round et devient champion d’Afrique dans la catégorie super léger. Le 29 mai 2022, Mathias Napaongo montre de nouveau l’étendue de son talent et de son ambition au Gala international de la solidarité France-Afrique organisé par l’association Universelle Grigny boxe découverte (UGBD) au Ghana. Il a même fini meilleur boxeur de la soirée. Grace à cette performance, il est désormais inscrit sur la liste professionnelle des boxeurs mondiaux.

Après sa victoire par point au gala international de la solidarité France-Afrique au Ghana, Mathias Napaongo est désormais inscrit sur la liste des boxeurs mondiaux.

Nous sommes tentés de dire que nous avons enfin le successeur de Nabalum Dramane dit Boum Boum qui avait eu un beau parcours sur la scène continentale et mondiale dans les années 90. Et lorsqu’on se souvient dans quelles conditions Boum Boum avait perdu sa ceinture, on se rend vite compte que la boxe burkinabè continue de souffrir des mêmes maux qu’il y’a quelques années. Il a en effet perdu sa ceinture en Hongrie le 22 mai 1999 alors qu’étant le champion en titre, le combat pour la ceinture devait se faire au Burkina. La fédération burkinabè de boxe(FBB) à l’époque avait accusé un manque de moyen et le hongrois Istanbul Kovacs a proposé d’organiser le combat à Budapest. Boum Boum qui était mal préparé et sur le terrain de son adverse perd sa ceinture après 12 rounds âprement disputés. Encore cette fois, la FBB est entrain de briller par son absence dans l’accompagnement des athlètes sur le plan continental. Pour son combat de la HBE au Nigeria en décembre 2021, Mathias Napaongo n’a reçu aucun soutien financier des autorités burkinabè. Tous les frais liés au déplacement et à l’hébergement du boxeur ont été supportés par sa famille et des proches. La FBB ne s’est impliquée que dans le volet administratif. Plus apte à réserver un accueil triomphal à nos athlètes après les victoires qu’à les aider à voyager dans de bonnes conditions, un comité est mis en place pour accueillir le champion de la HBE à son retour. Dès son arrivée à Ouagadougou, promesse lui a été faite par la FBB de rembourser ses frais de déplacement. Un rapport comportant le prix des billets d’avion, les frais d’hébergement, les frais de participation, la prise en charge sanitaire est envoyé aux premiers responsables de la boxe en février. Le tout s’élève à 2.500.000 FCFA. Jusqu’à ce jour, Mathias Napaongo n’a pas reçu le remboursement promis. Le 29 mai 2022, le boxeur est invité à prendre part au gala de la solidarité France-Afrique organisé par l’association Universelle grigny boxe découverte (UGBD). Bien qu’ayant reçu l’invitation assez tard, il est élu meilleur boxeur à l’issu de la soirée. Cette dernière performance lui a permis d’être inscrit sur la liste professionnelle des boxeurs mondiaux. Pour cette aventure, les efforts du directeur technique des athlètes de haut niveau du ministère des sports Abraham Zoma sont à saluer. Nous espérons qu’au-delà de l’accompagnement moral de ce monsieur, le ministère des sports à qui une demande d’accompagnement a été adressée va réagir. Notons que Sanou K. Raymond, boxeur très prometteur de l’USFA a été invité cette année au Nigeria pour essayer de rejoindre la HBE comme Fighter l’année dernière. Malheureusement, il n’a pas pris part à la compétition par manque de moyen.

Fighter recevant le trophée AJSB du meilleur boxeur de l’année 2021.

Déçu par l’attitude des responsables de la boxe burkinabè, Mathias Napaongo ne cache pas son incompréhension. « Après ma victoire au Nigéria, je ne comprends pas pourquoi le soutien des autorités tarde. J’ai failli abandonner mais je vais me battre pour que vive la boxe au Burkina » a-t-il laissé entendre. Il défendra sa ceinture de la HBE le 24 septembre 2022 à Ouagadougou et espère que cette fois les autorités l’accompagneront conséquemment. Mathias Napaongo espère susciter un plus grand intérêt du public burkinabè pour la boxe. Pour se faire, il sollicite l’accompagnement des sponsors pour organiser un combat international tous les 6 mois à Ouagadougou comme l’exige son statut de champion continental. Cela permettra la détection de nouveaux talents. Il souhaite également la mise en place d’une salle d’entrainement avec du matériel récent. « Notre matériel est dépassé. Nous gagnons nos combats parce que nous sommes endurants. Nous ne combattons pas avec la technique, nous brutalisons nos adversaires. Maintenant que nous avons intégré la boxe mondial il faut qu’on se prépare bien parce que nous sommes attendus maintenant » a-t-il confié. « Si les moyens ne sont pas réunis, nous n’allons pas aller à l’international nous faire humilier et mettre la honte sur le pays. Au Ghana on parle encore de Boum Boum et de Yoyo, donc nous avons des légendes que nous devons honorer » a prévenu le boxeur.

Fighter en compagnie du cycliste Paul Daumont, qui selon son témoignage lui apporte un grand soutien dans son combat.

Fighter est reconnaissant pour le soutien que lui apportent Hugues Fabrice Zango, Paul Dumont, Israël Mano, Kinda Issouf et Bado Brice, des sportifs de haut niveau burkinabè. Il remercie également monsieur Gauthier qui a mis sa salle de sport à sa disposition pour ses entrainements. Nous espérons que les autorités l’accompagneront à réaliser ses rêves pour hisser haut le drapeau du pays des hommes intègres.

Par Wend Kouni


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