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Ahmed Kossa de Omega FM à propos de son agression: « J’ai pardonné et oublié »


Suite à l’agression de la Coalition pour la renaissance artistique au Burkina Faso (Cora BF) sur Hamed Kossa, animateur radio à Omega Fm, la semaine dernière, nous avons rencontré ce 6 juillet 2017, la victime afin de comprendre son état d’esprit actuel et l’évolution de l’affaire. Après son émission  » Interconnexion » (variété musicale, du lundi au vendredi entre 10 heures et 11 heures 40), il a accepté volontiers de répondre à nos questions. L’affaire est-elle close? A-t-il décidé de pardonner et d’oublier?  Quelles relations entretiendra-t-il désormais avec les membres de la CORA-BF? Ce sont là quelques questions qui ont fait l’objet de cet entretien. Lisez

Afriyelba:  Dites nous ce qui s’est réellement passé lorsque la Cora BF est arrivée à la radio Omega Fm, alors que vous étiez déjà en studio.

Hamed Kossa : Je pense que la vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux témoigne de ce qui s’est réellement passé mais ne montre pas tout bien évidemment. Puisque la Cora BF, en venant ici avait prémédité l’acte qu’elle devait donc poser sur ma personne. Bien avant de poser les actes dont  les images ont été vues par les uns et les autres, en studio où j’étais prêt à prendre l’antenne, deux membres de la Cora BF y ont fait irruption et ces images n’ont pas été filmées. Ces deux personnes sont bel et bien, Baam Rady et Petit Docteur. Lorsque je venais d’allumer mon ordinateur, ces derniers m’ont dit pas question. Je me suis assis et ils m’ont lever de force et la suite a terminé dans le couloir de la radio. Ce sont ces images donc que vous n’avez pas pu voir sur la vidéo.

 L’ensemble des journalistes et animateurs culturels, pour vous manifester leur soutien, ont décidé de boycotter les œuvres de 13 membres de la Cora BF, qui à son tour a sanctionné Petit Docteur (le principal agresseur sur la vidéo). Que pensez-vous ses mesures suspensives?

 Il faut dire que ce sont des sentiments de regret pour moi puisque ces gens sont des personnes que je connais et que je reçois d’ailleurs à mes temps d’antenne. J’ai pu recevoir déjà quelques uns d’entre eux, en la personne de Sana Bob qui a la chance de voyager souvent ou d’être invité à l’extérieur pour des spectacles. Quand il part en voyage de fois, je peux me bomber la poitrine et le dire que nous sommes  la seule radio qui se fait le plaisir de l’appeler et de prendre son actualité. Le sentiment pour moi aujourd’hui est que chacun se remette en cause. Même s’ils avaient raison, il fallait qu’ils prennent une décision sage de venir voir les responsables de la radio. Le bon sens voudrait que cela soit ainsi mais c’est ce que je disais en off, nous ne sommes pas dans une jungle, nous sommes dans une république. Je pense que les sanctions qui vont se prendre, c’est pour qu’une telle situation ne se reproduise  plus demain. Etant dans une république nous avons donc déposé une plainte.

 La Cora BF vous reproche de ne pas jouer la musique burkinabè pendant vos heures d’antenne. Est-ce fondé ?

 Je pense que les auditeurs peuvent le témoigner. C’est quasiment faux ce qu’elle me reproche. Quand il y a de la bonne musique, bien faite, de qualité, il n’y pas de raison qu’on ne la joue  pas. Je pense qu’ils sont passés à coté de la plaque. Et pour celui qui m’écoute, du lundi au vendredi, sait que dans mes temps d’antennes, la musique burkinabè passe plusieurs fois, surtout quand elle est bien faite ou quand c’est la tendance ferme. Il n’y pas aussi que la tendance car il y a aussi des personnes âgées qui nous écoutent. Nous essayons donc de faire une programmation qui répondent à toutes les générations. Ils nous font un faux procès.  C’est regrettable ce qui est arrivé, c’est désolant pour des artistes qui se disent  porteurs de message.

Quel réaction avez vous face à la doléance du collectif des anciens et doyens musiciens qui est venu vous supplier de retirer votre plainte? 

Ils étaient effectivement  là, Issouf Compaoré, Kisto Koimbré, et bien d’autres. Ils ont échangé avec le directeur général de la radio Omega Fm. La radio a donc maintenu sa position. Ici, ce n’est pas un marché, ce n’est pas un lieu de spectacle. On n’y vient pas pour se donner en spectacle. Si vous venez avec vos problèmes, vous pouvez directement aller voir nos chefs ou responsables pour les résoudre. Mais vu l’agissement venant de leur part, nous voulons freiner, arrêter ces genres de cas. Raison d’ailleurs pour laquelle, l’Association des journalistes professionnels du Burkina Faso (AJB) n’a pas pardonné cette affaire. Il faut qu’on prenne des mesures, des sanctions comme il se doit pour que cela ne se répète plus dans aucun des média au Burkina Faso.

 

Image des membres de la CORA BF à la radio OMEGA

 Et vous même qui dites regretter l’acte avez vous pardonné et oublié?

 J’ai oublié cette histoire. Tenez vous bien que le jour que le scandale s’est passé, j’ai été à l’antenne après leur départ. Je recevais des partenaires et il fallait faire fi de cela, puisque mon moral était sapé. Mais ça ne se sentait pas sur moi à l’antenne. C’est après que les invités soient partis que j’ai commencé à prendre la mesure de la chose. J’ai fait mon travail comme il se devait. La question qui m’est venue toute suite en tête, c’est pourquoi cela m’arrive aujourd’hui alors que j’ai 18 ans de radio. J’avoue que les premiers jours qui ont suivi l’affaire n’ont pas été du tout facile pour moi.  Aujourd’hui, j’ai retrouvé mon moral et j’ai des amis qui m’appellent de partout dans le monde. J’étais avec une chaine de radio sénégalaise pour une interview, hier c’était une autre chaine de radio gabonnaise, etc. Cela laisse donc entendre un soutien qui vient de partout. Aujourd’hui je peux dire que cette histoire d’agression est derrière nous même s’il y a une plainte en cours. J’ai oublié et pardonné

 Quels seront désormais vos rapports avec la Cora BF et Petit Docteur?

Je serai quelqu’un de réservé vis-à-vis de leur association, vis-à-vis d’eux-mêmes. Parce qu’il y avait des individus avec lesquels on partageaient des plats quotidiens et des boissons quotidiennes. On le faisait par le passé mais tout cela est fini, c’est du passé. Je ne partagerai plus de plats ni de boisson avec eux.

 Un mot à Petit Docteur

 Qu’est-ce que je dirais à Petit Docteur? C’est de lui faire comprendre que dans la vie on doit  savoir d’où on vient et d’où on va. N’étant pas à son premier forfait je le conseille de se remette en cause et se mettre au boulot. S’il nous envoie des produits bien faits et qui s’imposent à tous, il n’y a pas de raison qu’on ne les joue pas à la radio. Au lieu d’être là, à se donner en spectacle chaque fois, il gagnerait mieux à aller travailler car seul le travail paie. Si non s’il continue dans cette dynamique de va-t-en guerre il n’ira pas loin dans la musique. Pour terminer je voudrais remercier Afriyelba pour l’intérêt porté en ma modeste personne à travert cet interview. Je remercie aussi tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, de près ou de loin, m’ont témoigner leur soutien.

 Interview réalisée par Malick Saaga

 


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