2 April 2020

SUSPENSION DE LA SNC 2020 : « Nous, travaillons pour être prêts dès qu’on nous dira « top c’est partie », Thierry Millogo, PCO SNC Bobo 2020

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 Le 11 mars dernier le gouvernement burkinabé a pris la décision d’interdire « Toutes les manifestations d’envergure  nationale et internationale regroupant plusieurs personnes » et ce jusqu’au 30 avril. Cette décision a été prise suite aux premiers cas de Coronavirus dans le pays. A l’instar de plusieurs domaines, celui de la culture a,  du coup, pris un grand coup. Plusieurs activités ont été suspendues sine die. C’est le cas de la Semaine nationale de la culture Bobo 2020 qui devrait se tenir du 28 mars au 4 avril, dans la ville de Sya. Pour mieux comprendre l’effet que cette décision a eu sur cet événement biennal, nous avons approché Thierry Millogo, président du comité d’organisation de cette 20ème édition qui a accepté de nous accorder une interview.  Lisez!

Afriyelba : Suite à  l’entrée du Coronavirus au Burkina Faso,  le gouvernement à pris la décision d’interdire tout regroupement de plusieurs personnes. Quelle a été votre réaction en tant que président du Comité d’organisation de la 20ème Semaine nationale de la culture Bobo 2020, quand on sait que l’événement devrait se tenir dans moins de trois semaines au jour de la prise de cette décision ?

Thierry Millogo : D’abord j’ai été choqué. Mais après je me suis ressaisi en tant que Burkinabè aussi et comprenant la situation mondiale qui prévaut. Lorsque le gouvernement prenait la décision à l’époque, on le voyait loin de chez nous. Mais finalement on se rend compte que nous l’avions  aussi dans notre pays, puisque quelques jours après, on a mis en évidence deux cas. Et c’est là preuve aussi que le gouvernement a  su anticiper les choses. Et comme vous pouvez le constater, à travers le monde, plusieurs pays sont en état de confinement. Donc pour moi, vouloir maintenir cet événement coûte que coûte tout en sachant que il y a un gros problème sanitaire qui pouvait se poser, c’était suicidaire. Je crois donc que c’est la bonne résolution que le gouvernement a  prise en décalant cet événement, le temps que l’épidémie se calme.

On sait  l’événement devrait se tenir à moins de trois semaines quand la décision de le suspendre est tombée. Est-ce que cela ne va pas avoir un impact sur l’organisation qui était visiblement avancée ?

Cela pourra avoir un impact sur l’organisation dans la mesure où on était déjà bien avancé. Le budget est déjà engagé à plus de 50%. La dynamique était amorcée d’aller au cœur des choses et après il faut attendre. Donc c’est sûr que nos ardeurs vont être un peu refroidis. Mais comme c’est juste un report,  on maintient les équipes en état de veille. Nous affinons normalement le plan qui était le notre pour cette SNC. Comme on aime à  le dire « à quelque chose malheur est bon », cette suspension est aussi une occasion qui s’offre à  nous pour faire tous les petits réglages, les petits détails,  le temps qu’on puisse relancer éventuellement les choses. Nous, travaillons pour être prêt dès qu’on nous dira « top c’est partie ». Pour qu’on soit prêt le lendemain et rendre opérationnelle cette semaine national de la Culture (SNC).

On sait que la SNC attire aussi des gens qui viennent d’autres pays pour voir la diversité et la richesse culturelle du Burkina. Est-ce que vous ne craignez pas qu’avec l’épidémie du Coronavirus il n y ait pas d’engouement à cette SNC Bobo 2020 ?

La SNC c’est d’abord notre semaine nationale de la culture.  C’est pour les Burkinabé. Mais, puisque nous vivons avec les autres communautés, on ouvre notre semaine nationale de la culture aux autres communautés. C’est claire que, avec le Corona virus qui a pris le dessus dans ce monde là, ça va créer un petit déséquilibre. Mais pour moi, c’est d’abord nous qui sommes concernés. C’est bien si les autres peuvent venir  soutenir notre action. Mais si c’est pas le cas ça ne doit pas nous décourager. Au contraire on doit tous s’organiser  pour être unis autour de cette SNC qui est l’occasion de magnifier nos valeurs culturelles et de mettre en lumière nos traditions. Donc au-delà des autres il faut qu’on se dise que c’est notre SNC. Si les autres viennent c’est un plus, s’ils ne viennent pas aussi on doit être capable de célébrer notre semaine nationale de la culture dans la ferveur générale avec tous les Burkinabè.

Comment comptez-vous procéder une fois l’épidémie calmée et la mesure levée pour être en phase avec les objectifs de mobilisation et de promotion de la culture ?

Il y a des actions de communication que nous allons réaliser, il y a des actions à mener sur le terrain pour la remobilisation. Nous allons inviter les gens à  revenir  à la SNC. Et, je n’ai aucun doute, là-dessus que les Burkinabé vont adhérer parce que, comme je l’ai dit, c’est notre biennal de la culture. Donc c’est un moment unique pour célébrer et magnifier notre culture. Pour moi notre population doit rester toujours mobilisée pour faire front autour de cette SNC là en revisitant les pans de notre tradition, de notre culture à travers les danses et les différents spectacles qui seront organisés. Les Burkinabé ne doivent donc pas reculer car c’est l’occasion pour nous de montrer qu’on magnifie ces valeurs culturelles. Globalement, en tout cas nous on doit mener des actions de sensibilisation et de communication pour ressouder les Burkinabé avec cette semaine nationale de la culture.

Quel est votre mot de fin à l’endroit des Burkinabé en ces moments difficiles où la culture prends un coup du fait du COVID-19 ?

Je veux dire aux Burkinabè que ce qui nous arrive est aussi un phénomène mondial et ça va passer. La vie interrompue va reprendre son cours normal. J’insiste que la semaine nationale est juste suspendue, elle n’est pas annulée et nous espérons bien que d’ici là on va maîtriser le Coronavirus pour permettre la reprise de l’événement. Et pour permettre un retour rapide des choses j’invite l’ensemble des Burkinabè à observer les mesures préconisées par le gouvernement pour stopper la propagation du maladie.  Que Dieu protège notre chère patrie contre cette maladie.

Interview réalisée par Abatidan Casimir NASSARA


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