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Walib Bara: « Ma vision du BBDA, c’est faire du droit d’auteur un outil de gestion de risques… »

Nommé le 29 juin dernier Directeur général du bureau burkinabè de droits d’auteur (BBDA) en remplacement de Kouliga Daniel Nikiema, Wahabou Bara plus connu sous le nom de Walib Bara a été installé dans ses fonctions ce 12 juillet dernier. Dans l’interview qu’il nous a accordée le 29 juillet dans son bureau, il a dévoilé sa vision et ses ambitions pour cette maison  des créateurs du Burkina. Lisez

Afriyelba : Vous avez été porté, il y a de cela quelques semaines à la tête du bureau burkinabè de droit d’auteur. Quel sentiment vous anime actuellement ?

Walib bara : Je suis animé d’un sentiment de joie mais aussi de reconnaissance envers  les personnes qui ont porté leur choix sur ma modeste personne. Car  vous n’êtes pas sans savoir que notre secteur regorge d’une constellation de spécialistes dans le domaine de la propriété intellectuelle de façon générale mais particulièrement dans la gestion collective. Il m’appartient donc de transmettre ma reconnaissance au premier ministre, chef du gouvernement et au président du Faso pour avoir entériné cette décision de me porter à la tête du BBDA. C’est une lourde tâche, difficile mais aussi exaltante et il nous appartient de redorer  l’image de la maison commune des créateurs.

Vous attendiez vous à cette nomination ?

Non pas vraiment. Mais en tant que porte parole des faitières j’étais déjà au cœur des préoccupations de la maison,  je me disais donc que cela pouvait arriver un jour.

Quelles relations entreteniez-vous avec le monde culturel avant votre nomination ?

J’ai de bons rapports avec le monde culturel parce que j’y suis issu. J’ai été tour à tour manager, producteur, éditeur, auteur. J’ai même écrit un livre sur le rapport des différents créateurs. C’est  donc vous dire que j’entretiens des rapports cordiaux et  amicaux avec les acteurs du monde culturel même si parfois, ces rapports sont emprunts de difficultés. Aujourd’hui,  je ne fais plus parti de ces faitières parce que j’ai donné ma démission au secrétariat général pour éviter les conflits d’intérêts.

De quelle faitière faites-vous allusion ?

Il s’agit de la  Confédération nationale de la culture. J’y étais pour le compte de l’Union nationale des acteurs de la musique enregistrée en tant que secrétaire. Après ma démission, je pense qu’il n’y aura pas  de conflits d’intérêts.

Quels objectifs vous êtes vous fixés ?

Mon objectif premier c’est de travailler à redonner confiance  au personnel du BBDA qui travaille dans des conditions très difficiles. Lesquelles conditions ont  entrainé la démotivation de certains travailleurs. Il faut donc travailler à les remettre en confiance pour susciter un niveau élevé de productivité. C’est ce à quoi, nous allons nous atteler  à l’interne. A l’externe nous aurons besoins des conseils de tous  pour pouvoir atteindre nos ambitions.

Et quelles sont ces ambitions ?

Notre première ambition comme je vous l’ai dit, c’est de susciter la productivité du personnel. Je pense que nous avons des personnes très compétentes dans la maison à qui il faut redonner confiance. Nous allons créer un bloc autour de ce personnel. Ensuite, notre deuxième ambition est de travailler à découvrir des nouvelles niches de recouvrement tout en raffermissant celles qui existent déjà. Nous allons dans cette optique explorer le domaine du numérique et bien d’autres. Nous avons déjà entamé des rencontres avec les responsables de ces nouvelles niches et les choses se présentent bien.

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Le DG du BBDA échangeant avec Yannick SANKARA, promoteur du site Afriyelba

Quelles politiques comptez-vous mettre en place pour atteindre ces ambitions ?

Ma vision du BBDA, c’est faire du droit d’auteur un outil de gestion de risques des industries culturelles et créatives. Lorsque vous prenez  des grandes entreprises comme Seydoni Production, si elles produisent  des artistes, avec la mévente des supports physiques ; elles espèrent avoir une certaine stabilité au niveau des droits d’auteur. Pour qu’il en soit ainsi, il nous faut faire un recouvrement conséquent  et une répartition adéquate aux créateurs. Cela permettra également d’attirer des potentiels  investisseurs dans le secteur, ce qui va accroître l’assiette. L’objectif c’est de développer le nombre de créateurs et donc de rêveurs.   Vous savez que plus il y a des rêveurs dans un pays, plus on est sûr d’avoir une stabilité à long terme. Nous allons donc travailler à susciter l’investissement tout en garantissant le droit d’auteur et cela passe par cette vision que nous voulons insuffler à la  maison.

Quelles stratégies de communication allez-vous mettre en place ?

Nous avons un service de communication assez dynamique qui est piloté par Ousmane Sawadogo. Déjà à l’interne, nous allons renforcer la cohésion avec le personnel, être à son écoute, partager ses préoccupations et essayer de les résoudre autant que faire se peut. A l’externe, nous allons aussi beaucoup communiquer avec les acteurs de la culture. Nous avons eu une réunion hier avec le Conseil d’administration à qui nous avons exposé notre vision ; ce matin, nous allons rencontrer les faitières et dans l’après midi ce sera le tour des structures associatives du monde artistique et culturel. Nous allons privilégier une large concertation parce que nous avons besoin de l’avis de tout le monde pour atteindre nos objectifs. Comme je l’ai dit plus haut, nous voulons faire du droit d’auteur un outil de gestion des risques et cela passe par la performance.

Il y a quelques jours, le studio Abazon de l’artiste Smockey est parti en fumée. Quel soutien comptez-vous apporter à cet artiste, membre de votre maison ?

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Le BBDA organisera en septembre prochain des journées portes ouvertes pour mieux se faire connaître

Il faut rappeler que le studio Abazon est un véritable laboratoire de création. Quand on sait ce que ce studio a apporté  de façon spécifique au rap et de façon générale à la musique burkinabè depuis son installation des années 2000 à maintenant, on ne peut pas rester indifférent. Au niveau du BBDA, il y a des structures notamment le fonds de promotion de la culture et des œuvres sociales qui, naturellement,  va accompagner l’artiste Smockey. Déjà,  dès les premières heures de l’incendie, le service de communication et des œuvres sociales se sont déplacés sur les lieux pour témoigner  la compassion et les encouragements de la maison. Pas plus tard qu’hier le service des œuvres sociales a donné une enveloppe aux responsables du studio. Nous resterons toujours à ses côtés comme nous le seront auprès des nombreux membres du BBDA en difficulté dans les limites des moyens dont nous disposons.

Quel est votre dernier mot ?

Je voudrais d’abord dire merci au site Afriyelba et à son promoteur que vous êtes. Un jeune à la tête d’une équipe jeune qui apporte de l’innovation dans la communication, à qui je transmets toutes mes félicitations et encouragements. Je consulte régulièrement le site et je vous suis sur les réseaux sociaux à travers la page facebook et sur les différentes plateformes culturelles et j’ai pu constater l’énorme boulot que vous abattez au quotidien pour la promotion de la culture burkinabè. Je sais aussi que vous travaillez dans des conditions difficiles mais comme l’a dit Emmanuel Kante « Les grandes actions de ce monde ne peuvent se faire sans passion ». Je vous exhorte à toujours  être passionné du boulot que vous faites.

Je souhaiterais que Afriyelba soit le porte parole du BBDA auprès de certaines instances car bon nombre de personnes n’arrivent pas à percevoir la nécessité de payer les droits d’auteur. Nous sommes souvent obligés de passer par la contrainte pour recouvrer les droits. Nous voulons que les usagers viennent naturellement payer leurs droits eux-mêmes et pour qu’il en soit ainsi, il faut la communication et la sensibilisation. Ce à quoi nous allons nous atteler. Nous avons un projet même dans ce sens qui s’appelle « La rentrée du droit d’auteur », prévue pour fin septembre. C’est une forme de journées portes ouvertes qui se dérouleront au sein de la maison pour permettre aux usagers que nous appellerons bientôt « Les partenaires techniques et financiers » de découvrir la maison, les conditions dans lesquelles travaillent les agents. Cela leur permettra également de savoir que le BBDA est leur partenaire et non une institution qui vient avec la gendarmerie pour saisir du matériel. Nous espérons avoir Afriyelba pour nous accompagner à ces portes ouvertes qui se termineront par une nuit du droit d’auteur.

Propos recueillis par Yannick SANKARA.

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2 comments

  1. Boubacar Sangaré dit :

    Bonjour,
    J’aimerais vous transmettre un article en réaction à cette interview du Directeur du BBDA, si cela vous intéresse contactez moi. J’écris cet article en tant que juriste droit du cinéma et de l’audiovisuel et réalisateur

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