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Thomy, enfin l’éclosion de cet immense talent de la musique burkinabè ?


Thomy est un artiste burkinabè à la voix suave qui manie avec dextérité la guitare. Bien que son talent et son abnégation ne souffrent d’aucune contestation, la consécration tarde à venir. Nous sommes allés à la rencontre de l’artiste pour comprendre l’évolution de sa carrière. Il en profité dévoiler ses projets qui viendront de son point donner un coup d’accélérateur à sa carrière. 

Thomy, artiste chanteur burkinabè joue la guitare à la perfection.

Afriyelba : Bonjour l’artiste. Présentez vous s’il vous plaît.


Thomy: Je suis Thomy, à l’état civil Souah Sané Thomas, artiste musicien burkinabè, également enseignant vacataire en anglais.

En plus de la musique vous êtes enseignant. Ne donnez vous pas raison à ceux qui demandent souvent  »à part la musique que faites vous »?

La musique est un métier dont on peut vivre pleinement mais quand on est bien entouré dans une bonne production. Pour l’instant on cherche l’argent dans la vacation pour investir dans la musique.(rires).

Comment arrivez vous à faire d’aussi grosses productions sans producteur ?

Même si j’ai pas encore de producteur il y’a des mécènes qui m’aident beaucoup. Et aujourd’hui il y’a un mécène qui est entrain de se transformer en producteur parce qu’il prend tout en charge.

Tu as grandi musicalement avec deux artistes qui ont réussi à se sortir la tête de l’eau. Il s’agit de Greg et Fush Alpha. Il se raconte que votre ressemblance vocale et de style  constitue un frein à ton éclosion.

Nous avons débuté ensemble et on avait les mêmes exercices vocaux, les mêmes style de musique,etc. La ressemblance des voix est née de là. Mais je travaille à me démarquer. Vous remarquerez que mes toutes premières compositions et celles présentes ne sont pas pareilles. Musicalement eux ils sont plus pop et moi suis plus dans la musique de recherche et je travaille à en faire ma spécialité. Pour le timbre vocal est une chose difficile à changer, mais pas impossible et j’y travaille. Mais ce qui nous connaissent bien savent bien nous différencier.

Thomy lors du festival Dassasgho en fête.

Le style que vous avez choisi ne vous désert pas ?

Ce n’est pas la première fois qu’on me dit celà. Il y’en a qui m’ont approché et qui m’ont dit de changer de style. Avec mes dernières sorties j’ai essayé de toucher d’autres styles et je pense que ça ira mieux.

Jusque là nous ne vous avons pas vu faire de grandes collaborations avec des artistes de renom. Est-ce un choix ou c’est parce que l’occasion ne s’est pas encore présenté ?

Au début de ma carrière j’ai tenté en vain. Mais je n’ai peut être pas eu la bonne approche. Mais je constate que les grands noms de la musique font des featuring avec des artistes que eux même apprécient. Ils veulent aussi s’assurer que la personne avec qui ils font la chanson peut bien la promouvoir. Je vais travailler à m’imposer d’abord, le reste sera plus facile.

Avec quel artiste rêve tu de collaborer?

Je citerai d’abord Martin N’terry qui nous a bercé avec des titres comme  »Sophie »,  »Nonga », et  »Moogho » qui vient de sortir. J’ai envie de collaborer avec lui parce qu’il m’a fait rêver , et j’aime sa façon de travailler. Il est méthodique et un featuring avec lui me fera beaucoup plaisir.

Vous avez à votre actifs deux albums,quel bilan peut on faire à mis parcours ?

Le premier album était une première expérience qui m’a beaucoup enseigné. J’ai appris que quand tu dois faire quelque chose il faut mettre les hommes qu’il faut à la place qu’il faut, bien s’entourer. Ce premier album n’a pas bougé parce que j’étais à la fois le producteur, le manager, le communicateur,etc. L’album n’a pas quitté les quatres murs de ma chambre alors que ceux qui l’ont écouté trouvent que certains titres auraient pu s’imposer. Pour ma deuxième œuvre qui est un maxi j’ai travaillé à approcher de grands studios et à m’organiser. Y’a eu également des singles, notamment  »Coeur en or » qui m’a beaucoup apporté. Ce titre a apporté de la lumière à ma carrière. Il y’a une femme par exemple qui a suivi le clip de ce titre à trois jours du 8 mars(ndlr: le 8 mars est la journée internationale de la femme) et a tenu à ce que je parte jouer à Bobo Dioulasso et à Banfora. Des chaînes de radio et de télévision se sont appropriés la chanson et le clip.

L’artiste à l’occasion d’un concert caritatif organisé avec ses pairs.

Quelle appréciation faites vous de l’évolution du secteur culturel au Burkina ?

Si on compare le monde culturel burkinabè à ce qu’il était 10 ans en arrière il y’a une nette progression. Il y’a plus de qualité dans les productions audiovisuelles et on retrouve également des jeunes managers et producteurs qui sont venus avec une nouvelle vision. Ils ont peu de moyens mais ont réussi de grandes choses. Ils font rêver et je me dis que nous sommes entrain d’aller vers une industrialisation du secteur culturel. La culture a vu naître les premiers influanceurs du pays qui arrivent à organiser de grands concerts et remplir des grandes salles et à casser les complexes. Tout cela nous fait rêver et voir les choses en grand. Certains critiquent le copinage dans les cérémonies de distinction, les festivals et les différents évènements et ils n’ont pas tort. Il arrive que tu demandes à jouer sans cachet dans un festival juste pour te faire connaître mais on ne te le permettra pas. Il est bien de programmer ceux qui sont en vogue parce qu’ils sont réclamés mais il faut penser aussi à ceux qui sont dans le noir car ils constituent la relève.

A votre avis pourquoi les artistes burkinabè n’arrivent à s’imposer à l’international?

Je pense que c’est un problème d’organisation. Nos managers , nos producteurs doivent mieux travailler et avoir de la vision. Il y’a aussi une question de diaspora. Quand vous prenez par exemple un concert de Sidiki Diabaté à Paris, 80% des entrées c’est la diapora. Quand il y’a un engouement de ta communauté autour de toi les autres s’intéressent plus à toi. Il faut que nous soyons plus rigoureux dans le travail. L’ à peu près ne marche pas à l’international. Il faut avoir de la vision, être bien entouré et aussi avoir les moyens. Je pense que ça va venir avec la jeune génération qui est très ambitieuse.

A cette étape de votre carrière quel est votre rêve ultime ?

C’est de faire une production qui va marquer les esprits même si cette production ne connait pas forcément un succès commercial. Tu peux faire une chanson qui marche sur le champ et après c’est fini. Moi je veux faire une production qui va durer dans le temps. Quand je dis ça beaucoup me demande de quoi je vais vivre. La musique est d’abord une passion pour moi. Je veux partager des choses avec le reste du monde et faire une production que les gens vont écouter dans 10 ans et dire il a apporté un plus, il s’est donné. Je veux marqué mon passage dans le showbiz burkinabè et marquer les esprits. C’est les chansons qui marchent toute suite et après il n’y a pas de suite qui provoquent les dépressions.

Quels sont alors vos projets pour réaliser tes objectifs.

J’ai un album de 12 titres déjà prêt et je souhaite faire au moins 3 collaborations pour boucler l’œuvre. Mais en attendant je vais faire sortir un single que je vais faire Clipper à Lomé les jours à venir et le lancer en septembre en attendant la sortie de l’album en décembre.

Quel est la coloration de cet album en préparation?

L’album parle beaucoup d’espoir. Il y’a beaucoup de moi dedans et à travers moi beaucoup vont se reconnaître. Il y’a également l’amour en tant que reconnaissance pour tous ceux qui font des choses pour nous, qui croient en nous par amour. On ne doit pas oublier les personnes dans l’ombre qui prient pour nous, nous devons réussir pour les rendre fier.

Après deux albums tu n’as pas encore réalisé de concert.

C’est pour très très bientôt. Insha Allah on fera une série de concerts dans les espaces culturels à Ouagadougou, Bobo Dioulasso et Koudougou pour montrer ce qui avait été déjà fait qui n’a pas marché et dire qu’il y’a du nouveau qui arrive.

2023 est l’année de tous les défis !

Oui! Et ce n’est pas simple.

Et comment madame t’accompagne dans ta jeune carrière ?

Elle est mon plus grand fan! Elle occupe une grande place dans le choix de mes thèmes. Je lui ai d’ailleurs dédié le titre  »A jamais liés » pour sa patience et pour tout l’espoir qu’elle représente.

Avant de conclure…

Je tiens à dire merci à tous ceux qui nous soutiennent sans citer de noms de peur d’en oublier. Je dis un merci particulier à Dah Sié Innocent qui a décidé de produire l’album qui vient. Tout est prêt avec lui et la structure All Black Production. Espérons que ce soit la bonne! Merci également à Afriyelba pour l’intérêt porté sur moi! Que Dieu bénisse nos projets.

Interview réalisée par Wend Kouni 


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