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16 July 2018

10E EDITION DE LA NUIT D’HOMMAGE AUX CHEFS COUTUMIERS : « C’est pour que les jeunes comprennent ce qu’est notre identité », dixit Clovis Fidèle Ouédraogo

« Quand ça ne va pas, on court vers eux. Mais, quand ça va, on les oublie », c’est la remarque faite par Clovis, Fidèle Ouédraogo, promoteur de la nuit d’hommage aux autorités coutumières. Et de poursuivre que : « Pourtant, au regard de leur contribution à la paix sociale, le moins que l’on puisse faire c’est de leur dire merci ». C’est d’ailleurs pourquoi, depuis 10 ans maintenant, il a décidé de leur rendre hommage. La nuit d’hommage aux autorités coutumières, cette année aura donc lieu, les 10 et 11 mai 2018. Nous avons rencontré le promoteur ce 7 mai. Avec lui, nous sommes revenus sur, entres autres, les objectifs de cette nuit et les innovations de cette 10e édition.

Afriyelba : Pourquoi une nuit d’hommage pour les chefs coutumiers ?

Clovis Fidèle Ouédraogo : C’est tout simple. Nous sommes tous au Burkina et nous savons le rôle et la place qu’occupent ces personnes dans la cohésion, l’harmonie, le bon vivre ensemble et la recherche et la consolidation de la paix. Voici des autorités coutumières qui, jadis, étaient ceux qui organisaient la vie de la cité et faisaient asseoir la paix sociale. Aujourd’hui, ils sont relégués à un rôle d’observation et souvent de médiation. C’est en ce sens que nous avons jugé important de leur rendre hommage. Il s’agit de trouver un temps et un cadre où toute la nation se solidarise pour leur dire merci et leur témoigner toute notre reconnaissance. C’est là, l’objectif de la nuit d’hommage aux autorités coutumières.

Ces autorités coutumières, comment ont-ils accueillis cette initiative ?

Cela fait 10 ans que nous tenons cette activité. C’est donc 10 ans de cohabitation, de travail franc avec ces dernières pour que la nuit d’hommage puisse être un succès. C’est dire qu’elles ont accueilli favorablement l’initiative. Elles se sont vues également honorées et leur mérite a été reconnu durant tout ce temps. C’est un évènement marquant, où, en une soirée, on fait venir tous les dignitaires de la chefferie traditionnelle, les grands dimas des 5 régions et humblement on leur dit merci. Je puisse donc vous assurer qu’ils ont accueillis favorablement l’initiative. Ils y ont apporté leurs bénédictions. C’est pour cela que 10 ans durant, nous continuons de tenir le pari.

Plusieurs artistes prendront part à cette nuit d’hommage

Vous disiez tantôt que cela fait 10 ans que vous organisez cette nuit d’hommage. Quel bilan faites-vous des éditions passées ?

Le bilan est mitigé. Mais dans l’ensemble, il reste positif en ce sens que nous avions d’abord commencé par des réjouissances populaires. Peu après, nous avons pu faire intervenir des évènements comme les conférences publiques. Car, pour Sa Majesté le Moogho Naaba, qui est le patron de cette cérémonie, aucune nation n’a pu se construire dans la dignité sans d’abord s’appesantir sur son identité culturelle.  C’est en ce sens que le thème de cette 10e édition est « Le rôle et la place de la femme dans la transmission de la culture à l’enfant ». C’est pour dire que pour Sa Majesté le Moogho Naaba, il est important qu’au regard de la notoriété de l’activité et de la multitude des actions menées par les chefs coutumiers sur le terrain ont puisse trouver une essence à cette initiative pour qu’elle ne soit pas juste folklorique.  Dans les éditions à venir, nous entendons également faire intervenir un festival populaire où nous allons proposer de la musique traditionnelle au public.

Spécifiquement, quelle sera la principale particularité de cette 10e édition ?

La 10e édition, c’est d’abord l’âge de la maturité, l’âge de la consécration. En 10 ans, nous avons pu redresser les petites erreurs. Cette 10e édition se tiendra à la maison du peuple. Il y aura également une conférence publique. Dans la nuit, nous allons avoir un spectacle riche en couleurs. A ce spectacle, nous mettons, pour la première fois, en tandem des artistes modernes et des artistes traditionnels. Je dis bien en tandem parce que nous savons qu’avec l’évolution du monde actuel, on ne peut se départir de la modernité. Donc, pour nous, il s’agit de créer une symbiose entre ces artistes pour qu’on puisse arriver à une symphonie musicale, là où tradition rime avec modernité et vice versa. Pour ce qui est de la conférence publique, nous entendons apporter l’information aux jeunes scolaires pour qu’ils comprennent, entre autres, l’histoire du Burkina, comment fonctionne la royauté et qu’est notre identité. Dans la nuit, nous allons également recevoir le message de paix, de cohésion et de fraternité de Sa Majesté le Moogho Naaba. Le lendemain, 11 mai, il y aura une visite guidée chez le Moogho Naaba. Cela, afin de permettre aux uns et aux autres de toucher du doigt les réalités de l’organisation de la cour royal. Afin, nous allons réaliser une compilation musicale avec pour thème, l’éducation de la jeune génération.

Nana Bibata l’une des importante voix de la musique traditionnelle sera également de la partie

Alors, comment le public pourrait prendre part à toutes ces activités ?

Pour y prendre part, c’est simple. D’abord, il faut, le 10 mai prochain, se rendre à la maison du peuple pour la conférence publique. L’entrée est libre et volontaire. A la nuit d’hommage, nous allons demander une contribution de 2000 F CFA. Avec toutes les délégations des chefs coutumiers qui viennent des quatre coins du Burkina, il va falloir également nous aider à supporter les charges. C’est pourquoi, nous avons établi cette base forfaitaire de 2000 F CFA pour accéder à la maison du peuple. S’agissant de la visite guidée, elle est libre et volontaire. Il suffit juste d’être à l’entrée de la résidence de Sa Majesté le Moogho Naaba, le 11 mai, à 07h pour qu’on puisse rentrer en rang groupé. C’est l’occasion pour moi d’inviter les parents d’élèves à faire participer leurs enfants à cette activité, notamment la conférence publique qui se tiendra le 10 mai qui est d’ailleurs un jour férié. Envoyer vos enfants pour qu’ils s’approprient leur histoire car celui qui a le savoir a le pouvoir.

Avez-vous un appel à lancer ?

Je voudrais lancer un appel aux décideurs politique, économique, culturel… Vous savez, au Burkina, quand rien ne va, tout le monde se réfère à la chefferie coutumière. Parce que les autorités coutumières ont dû parler aux mannes des ancêtres, ont dû faire des sacrifices que nous connaissons cette stabilité. Quand ça ne va pas, tout le monde cour vers eux. Mais quand ça va, on les oublie. Donc, je demande aux autorités de s’impliquer dans cette action afin de travailler à reconnaitre leur mérite.

Interview réalisée par Adama SIGUE

 

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