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Le Burkinabe Kantala en tournée electro avec SAMIFATI


Le Burkinabé Kantala, petit prodige de la kora, est de passage en France pour une série de concerts en province. ITC a profité d’une escale parisienne, entre deux scènes, pour parler musique. Vous avez les écouteurs bien vissés dans les oreilles ? C’est parti !

 

Retour sur le parcours du petit virtuose de la kora

Kantala a un backgroud de percussionniste. Ado, il joue dans un groupe mais n’y trouve pas vraiment sa place. Le Burkinabé se rend alors dans un village situé non loin de sa ville natale, Bobo-Dioulasso, et découvre le n’goni : celui des « chasseurs, des grands patrons ». Un instrument qui ne le quittera plus : « Je dormais avec, dans ma case », confie-t-il alors. De retour à Bobo, il n’a pas suffisamment d’économie pour s’offrir son luth ouest-africain. Un séjour en France change la donne, quand un ami mélomane et collectionneur originaire de Rouen, Ken, lui fait don de l’un de ses instruments. « C’est avec le n’goni d’un Français que j’ai pu commencer à jouer : il m’a vraiment rendu service », se souvient Kantala avec émotion. Aujourd’hui instrumentiste et facteur de kora, Kantala a donné naissance à cet ovni hybride à double manche « facilement transportable en tournée » : le kora-n’goni.

 

De la musique burkinabé traditionnelle à l’électro

 

Après avoir livré un EP sobrement intitulé afriK en 2014 – sur lequel figurent des collaborations de taille avec le regretté Victor Démé ou encore Humanist – Kantala opère aujourd’hui un petit virage à 180 degrés en se frottant à l’électro. C’est sur l’IDM du tandem nantais Samifati, rencontré à l’occasion du festival Africa Bass Culture à Ouagadougou en mars 2016, qu’il a décidé de faire résonner son instrument de prédilection. Une collaboration inédite pour le Burkinabé, qui confronte pour la première fois le son organique de la kora avec les machines. Il n’aura fallu que de deux concerts au Burkina pour séduire le public. « Ça a été une superbe découverte, surtout pour les jeunes, qui n’ont pas l’habitude d’entendre de l’électro en live », admet Kantala; lui qui a été biberonné à toutes sortes de genres musicaux, entendus dans les cabarets, les mariages ou bien les baptêmes. Là où les sonorités d’ailleurs résonnaient déjà quand il était enfant. Pour autant, la musique traditionnelle insufflée au balafon domine. Ce n’est que plus tard que l’artiste s’ouvre à la musique moderne, « comme le rock, la pop, ou le reggae ». Et  qu’il découvre les artistes de renommée du genre, comme l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly, l’un de ses mentors, ou encore le Jamaïcain Winston Mcanuff, avec qui il s’offre un duo.

En mariant reggae chanté en Sénoufo, et kora, Kantala prouve une fois de plus son désir d’abolir les frontières musicales. Une journée de rencontre et quelques envois de fichiers via Internet, auront suffi pour donner naissance à ce single aussi mélodieux que détonnant. « Le but de ma musique, c’est d’être ouvert, et d’enrichir mon style grâce aux rencontres. Le son de la kora, c’est l’Afrique, le reste est libre ». En témoigne l’éclectisme de la playlist concoctée par le musicien !

 

Dans la playlist de Kantala

Un morceau électro préféré ?

Le remix par Synapson de Victor Démé, un artiste que j’aime beaucoup et qui nous a quittés – paix à son âme – et avec qui j’ai fait un featuring sur afriK.

Un morceau qui mériterait d’être remixé ?

Justement, j’aimerais bien que Synapson remixe un de mes morceaux ! Sinon, des DJ dans la veine dub, ce serait l’idéal.

Un morceau que vous aimeriez réarranger à la kora ?

La chanson de Francis Cabrel, « Je l’aime à mourir ». Je ne sais pas comment fonctionnent les droits d’auteur en France, mais j’espère un jour avoir l’occasion de reprendre cette chanson. Je l’ai déjà chantée sur scène l’année dernière à la Manufacture Chanson. J’étais en formation de deux mois là-bas, pour améliorer la maitrise de la scène, du placement de la voix et du corps. J’avais donc interprété ce titre, mais avec mon accent africain, et c’était super.

Le morceau qui représente le mieux le Burkina ?

Il y a ce groupe burkinabé, Farafina, l’un des premiers à avoir fait des tournées internationales et en Europe, avec toute une série de tubes. Ils ont rempli le stade Wemblé, à Londres, lors de l’anniversaire de Nelson Mandela en 1988 (72.000 spectateurs !, ndlr). Le morceau qui me rappelle le Burkina, c’est « Bolo Makoté » : le nom du quartier d’artistes à Bobo, rempli de cabarets. Cette chanson en retranscrit parfaitement l’atmosphère.

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